La classe politique canadienne ne croit pas les allégations de fraude électorale de Donald Trump

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a félicité de vive voix le président désigné des États-Unis, Joe Biden, lundi.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a félicité de vive voix le président désigné des États-Unis, Joe Biden, lundi.

Le premier ministre du Canada n’a rien à faire des réserves de ceux qui jugent précipitées les félicitations envoyées à Joe Biden pour sa victoire à l’élection présidentielle américaine. En l’absence de concession du président sortant Donald Trump, Justin Trudeau demande aux Canadiens sceptiques de croire les experts et le système électoral des États-Unis.

« Je pense que les gens doivent être rassurés qu’il y a des experts et des processus intègres aux États-Unis qui font leur travail dans des conditions parfois difficiles. Et une fois que la déclaration a été faite clairement, comme elle a été faite en fin de semaine, nous pouvons être assez certains des résultats », a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse à Ottawa, lundi matin.

M. Trudeau a par la suite félicité de vive voix Joe Biden lors d’un appel téléphonique, devenant le premier dirigeant international à lui parler depuis son discours de victoire. Il a notamment été question de la pandémie de COVID-19 et des changements climatiques, thèmes sur lesquels la relation canado-américaine était tendue sous le gouvernement Trump.

Le premier ministre s’est dit prêt à poursuivre sa collaboration avec le président sortant des États-Unis, en poste encore jusqu’au 20 janvier. Au moment où ces lignes étaient écrites, M. Trump n’a toujours pas reconnu la victoire de son rival, alléguant diverses fraudes électorales dont il n’a toujours pas fourni les preuves. Cette réticence a conduit certains leaders, comme le président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, à attendre la fin du processus électoral avant de féliciter Joe Biden.

Reconnaissance unanime

À peine 20 minutes se sont écoulées entre l’annonce de la victoire du candidat Biden par Fox News, dernier des grands réseaux américains à l’avoir fait samedi, et la déclaration sur Twitter de Justin Trudeau félicitant l’homme de 77 ans et sa colistière Kamala Harris. Dans les minutes suivantes, tous les chefs des principaux partis d’opposition ont également reconnu la victoire du duo Biden-Harris à leur manière.

À lui seul, le tweet de félicitations du chef conservateur Erin O’Toole a suscité des milliers de commentaires, la plupart scandalisés d’une reconnaissance de la victoire démocrate contestée par M. Trump. Sans vouloir commenter ces critiques, son bureau indique que le choix de féliciter M. Biden en tant que président désigné revient au chef.

Au risque de déplaire à sa frange la plus à droite, M. O’Toole n’avait pas le loisir de reprendre la rhétorique de Donald Trump, selon le professeur en science politique à l’Université de l’Alberta et spécialiste du mouvement conservateur, Frédéric Boily. « Les conservateurs canadiens souhaitent à tout prix ne pas être accusés d’être trop proches des mouvements conservateurs américains », analyse-t-il. Les partisans canadiens de Trump existent, selon lui, mais ne mettent pas en danger le Parti conservateur lors des élections.

Seul Maxime Bernier, du Parti populaire du Canada, dit s’abstenir de toutes félicitations jusqu’à ce que le processus juridique soit complété, puisque « les médias menteurs ne décident pas qui est élu. » Joint par Le Devoir, M. Bernier reconnaît en fait que « selon toutes probabilités », Joe Biden sera le prochain président. Il avoue également ne pas croire aux prétentions de victoire de Donald Trump, mais attend simplement son discours de défaite avant de féliciter M. Biden.

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