Normes nationales pour les soins aux aînés: Trudeau n’expose toujours pas son plan

Le premier ministre Justin Trudeau fait le point sur la pandémie de COVID-19.
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau fait le point sur la pandémie de COVID-19.

Justin Trudeau rêve peut-être de « normes nationales » que devraient respecter les centres de personnes âgées partout au pays, mais il n’est toujours pas en mesure de clarifier à quoi celles-ci ressembleraient. Cinq mois après avoir évoqué l’idée, le premier ministre se limite encore à inviter les provinces à s’inspirer les unes des autres.

M. Trudeau a tenu une vingtième rencontre virtuelle avec ses homologues provinciaux jeudi soir au cours de laquelle il a été – brièvement, selon nos informations — question de normes nationales pour les soins destinés aux aînés. De telles normes avaient d’abord été réclamées ce printemps par des députés libéraux fédéraux, effarés d’entendre les histoires d’horreur se déroulant dans les CHSLD. M. Trudeau avait fini par fermer la porte au nom du respect des champs de compétences des provinces, mais il est revenu à la charge cette semaine. Sa sortie a fait dire au premier ministre du Québec, François Legault, qu’il jouait « avec le feu ».

Vendredi, M. Trudeau a expliqué que la « première étape » consisterait à amener les provinces à s’inspirer de celles qui ont les meilleures pratiques. C’est ce qu’il suggérait déjà au printemps. « Il ne revient pas au gouvernement fédéral de faire fonctionner les centres de soins de longue durée dans ce pays, a-t-il expliqué. Alors nous n’avons pas l’expérience qu’il faut pour déterminer ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins. C’est pourquoi notre proposition concernant les normes nationales consiste d’abord et avant tout à partager les meilleures pratiques. »

Seul élément de nouveauté : M. Trudeau a mentionné les « agents chargés de la prévention des infections à l’intérieur » des centres pour personnes âgées dont le nombre pourrait être revu à la hausse. « De discuter du nombre d’agents que ça prendrait par population, c’est une conversation qu’on pourrait avoir », a illustré le premier ministre.

Néanmoins, M. Trudeau pense quand même qu’au-delà de cette première étape, les leaders au pays devront réfléchir aux façons d’améliorer les soins pour les personnes âgées. « Si cette pandémie nous a appris une seule chose, c’est bien qu’il y a des failles qui existent depuis longtemps dans le système dans lesquelles les plus vulnérables peuvent tomber et ne pas prendre l’occasion de cette crise pour réfléchir aux moyens d’améliorer les résultats pour tous serait complètement irresponsable. »

M. Trudeau a dit respecter « tout à fait » les champs de compétence des provinces, « mais quand on parle de dignité et de santé et de la vie des gens, il n’y a pas de champs de compétences, on doit tous travailler ensemble ».