Au tour du NPD de demander qu’Ottawa s’excuse pour la crise d’Octobre

«C’est clair que ce qui s’est passé [en octobre 1970] est injuste», a déclaré le chef du NPD, Jagmeet Singh.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «C’est clair que ce qui s’est passé [en octobre 1970] est injuste», a déclaré le chef du NPD, Jagmeet Singh.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, est d’avis que le gouvernement canadien devrait offrir des excuses aux Québécois arrêtés ou fouillés sans raison il y a 50 ans, pendant la crise d’Octobre.

« C’est clair que ce qui s’est passé est injuste, a déclaré M. Singh jeudi. On a plusieurs exemples de gens qui ont été arrêtés sans aucune preuve. Des histoires tellement horribles. » M. Singh a parlé d’une femme arrêtée devant ses enfants et emprisonnée « sans aucune preuve contre elle ». « Alors oui, le gouvernement fédéral doit s’excuser parce que cela a été une injustice. »

En 1970, grâce à l’entrée en vigueur de la Loi sur les mesures de guerre, quelque 500 Québécois ont été incarcérés sans qu’aucune accusation ne soit déposée contre eux. Environ 30 000 autres ont subi des fouilles ou des perquisitions sans mandat. Beaucoup s’étaient retrouvés sur l’écran-radar des policiers non pas à cause d’une affiliation avec le Front de libération du Québec (FLQ), mais parce qu’ils avaient des inclinaisons indépendantistes ou communistes. La GRC avait en effet fourni aux autorités québécoises sa liste de personnes soupçonnées de communisme colligée pendant la guerre froide.

Le premier ministre Justin Trudeau a refusé jusqu’à présent d’offrir des excuses pour ce chapitre de l’histoire, soulignant sans cesse qu’il fallait plutôt penser aux victimes de la crise d’Octobre, en premier lieu la famille de Pierre Laporte, le ministre du Travail enlevé et tué par le FLQ. La Loi sur les mesures de guerre avait été mise en vigueur par son père alors premier ministre, Pierre Elliott Trudeau.

Jagmeet Singh pense que M. Trudeau fils fait fausse route. « C’est important dans notre tradition, dans notre pays, de s’excuser des injustices du passé. C’est important pour aller de l’avant », a dit M. Singh en ajoutant que les excuses constituent « un élément essentiel de la justice ». « Ça donne de la droiture, de la justice, de la reconnaissance pour ce qui s’est passé et [ça permet d’]éviter que ça se reproduise dans le futur », a-t-il déclaré.

Le prédécesseur de M. Singh, Thomas Mulcair, a lui aussi laissé entendre cette semaine dans une lettre ouverte publiée dans The Montreal Gazette que des excuses s’imposaient. À Québec, le premier ministre François Legault a réclamé des excuses.

À Ottawa, le Bloc québécois a relayé cette demande. Le Parti conservateur a pour sa part indiqué cette semaine qu’il n’appuierait pas d’éventuelles excuses. « Il y avait des bombes qui éclataient partout », a rappelé Richard Martel, le lieutenant québécois d’Erin O’Toole. « Il fallait réagir. Malheureusement, il y a eu des arrestations, c’est certain, mais à ce moment-là, c’est une organisation terroriste. C’était une première, on ne savait pas tout à fait comment réagir, mais il fallait réagir. »