Ottawa pas le seul responsable de la crise d’Octobre, dit Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau

Justin Trudeau persiste et signe. Pas question de présenter des excuses aux dizaines de milliers de Québécois arrêtés ou perquisitionnés pendant la crise d’octobre de 1970, souvent pour la seule raison qu’ils avaient des penchants souverainistes ou communistes. De l’avis du premier ministre, la responsabilité n’en incombe d’ailleurs pas seulement à Ottawa, mais aussi à la province de Québec et à la Ville de Montréal.

« Il y a toujours des réflexions que nous devons avoir. Le gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec et le gouvernement municipal de Montréal ont tous eu leur rôle à jouer pendant les événements de la crise d’Octobre, a déclaré M. Trudeau. Mais comme je l’ai dit, il faut se rappeler que la famille de Pierre Laporte a au cœur des souvenirs extrêmement douloureux de ces événements-là. »

Quelque 500 personnes ont été arrêtées pendant la crise d’Octobre, et plus de 30 000 ont subi une perquisition. L’émission Enquête de Radio-Canada a révélé que la police de Montréal n’avait tout au plus que 60 suspects felquistes sur sa liste. Mais la Sûreté du Québec, jugeant ce nombre ridiculement bas considérant les quelque 8000 soldats déployés pour contenir la crise, a fait appel à la GRC pour allonger la liste. La GRC a fourni les noms de gens ayant des allégeances communistes compilés pendant la guerre froide. Plusieurs réclament aujourd’hui d’Ottawa des excuses pour ces arrestations fondées sur l’idéologie politique.

Justin Trudeau ferme-t-il définitivement la porte ? « Ma préoccupation maintenant, c’est ce qui se passe au Québec et partout au pays avec la COVID-19 », a répondu le premier ministre. M. Trudeau a offert des excuses officielles à sept reprises depuis son arrivée au pouvoir en 2015, que ce soit à Omar Khadr, à d’anciens fonctionnaires ou encore à des Autochtones. Il a nié qu’il refusait d’en offrir aux Québécois parce que cela remettrait en question l’héritage de son père, qui avait mis en œuvre la Loi sur les mesures de guerre à la demande du Québec. « J’ai souligné plusieurs fois que personne n’est parfait, même pas mon père. On a tous des choses sur lesquelles il faut réfléchir qu’on aurait faites dans le passé », s’est-il borné à répondre.