Justin Trudeau n’a pas l’intention d’étendre la loi 101

Justin Trudeau n’a pas l’intention de modifier les lois fédérales de façon à permettre une application plus large de la loi 101.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Justin Trudeau n’a pas l’intention de modifier les lois fédérales de façon à permettre une application plus large de la loi 101.

Faudrait-il étendre la portée de la loi 101 au Québec ? Justin Trudeau croit que ce n’est pas une priorité. Sans écarter complètement l’idée, le premier ministre estime que le contexte de la pandémie ne se prête pas à ce genre de modification législative.

La Charte de la langue française, faisant du français la langue principale de travail au Québec, ne s’applique pas aux entreprises relevant de juridictions fédérales comme les banques, les compagnies aériennes et ferroviaires ou encore celles œuvrant dans les télécommunications. Le premier ministre François Legault avait demandé aux partis fédéraux, lors de la campagne électorale de 2019, de s’engager à changer cela. Le mois dernier, son ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a déclaré en commission parlementaire qu’il fallait aller en ce sens afin que tous les Québécois puissent travailler en français. Il présentera d’ailleurs sous peu un plan de renforcement du français au Québec.

Or M. Trudeau n’a pas l’intention de modifier les lois fédérales de façon à permettre une application plus large de la loi 101. Interrogé à ce sujet mercredi, il a soutenu que « le Parti libéral du Canada sera[it] toujours là pour protéger la langue française ». Mais, a-t-il ajouté, « ces jours-ci, notre priorité, c’est de protéger les personnes — les individus, ceux qui sont en train de vivre dans la peur de la COVID-19. Et c’est ce sur quoi nous nous concentrons en tant que parti et en tant que gouvernement ».

Le [PLC] sera toujours là pour protéger la langue française

 

Depuis 2007, le Bloc québécois puis le NPD ont fait débattre à la Chambre des communes au moins cinq projets de loi allant dans le sens des demandes de Québec. Chaque fois, ils ont été rejetés ou abandonnés. Le Parti vert les a souvent soutenus. Or, il y a maintenant un autre parti d’opposition qui est d’accord avec l’élargissement de la loi 101 : le Parti conservateur. Son nouveau chef, Erin O’Toole, s’est rallié à l’idée cette semaine après sa rencontre avec François Legault. Ensemble, ces quatre partis regroupent 180 députés, ce qui constitue une nette majorité à la Chambre des communes.

Que pourrait-il faire si l’opposition décidait de faire adopter une loi au Parlement malgré le refus des libéraux ? Justin Trudeau n’a pas répondu à cet hypothétique scénario mercredi, se contentant de sourire légèrement.

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