La COVID-19 frappe maintenant le Parti conservateur

Le chef conservateur Erin O'Toole doit se placer en isolement préventif.
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne Le chef conservateur Erin O'Toole doit se placer en isolement préventif.

Le chef conservateur Erin O’Toole est à son tour contraint de se placer en isolement préventif et de faire un test de dépistage de COVID-19, car l’un de ses employés a été diagnostiqué atteint du coronavirus. M. O’Toole était à Montréal lundi, pour rencontrer François Legault.

« Un membre du personnel de M. O’Toole, avec qui il a voyagé, a testé positif à la COVID-19 », a annoncé le Parti conservateur mercredi. « Bien qu’il n’ait lui-même aucun symptôme, M. O’Toole et les membres de sa famille se feront tester par mesure préventive. Les autres membres du personnel qui ont voyagé avec M. O’Toole se feront également tester et resteront en isolement préventif. »

Le parti a toutefois refusé d’offrir toute autre précision quant au nombre de personnes en isolement préventif, la date du début de la maladie de l’employé atteint de la COVID-19, et si celui-ci s’est rendu à Montréal avec le chef lundi. M. O’Toole était de passage dans la métropole pour rencontrer le premier ministre du Québec. Il a par la suite tenu une mêlée de presse avec les médias.

François Legault a indiqué sur Twitter, mercredi, qu’il n’aura pas besoin de subir de test de dépistage à son tour, ni de s’isoler. Car « M. O’Toole ne présente aucun symptôme. Il s’agit donc d’un contact d’un contact, une exposition à faible risque selon la santé publique », a rapporté le premier ministre québécois. Il a ajouté qu’il surveillerait son état de santé et l’apparition de symptômes.

Erin O’Toole a pour sa part assuré que sa famille et lui allaient bien. « Mais nous prenons la COVID-19 très au sérieux. Aujourd’hui, c’était la première journée de retour à l’école pour mon fils Jack, mais nous allons plutôt nous faire tester et nous placer en isolement préventif pour se conformer aux directives de la santé publique », a-t-il fait valoir par écrit.

La rentrée perturbée

Le Parti conservateur n’a pas précisé si cet isolement préventif empêchera son nouveau chef d’être présent pour la rentrée parlementaire fédérale mercredi prochain.

Les conservateurs insistent pour que la reprise des travaux de la Chambre des communes permette au plus grand nombre possible de députés d’être présents en personne, tout en assurant le maintien d’une certaine distance entre eux. Selon le gouvernement libéral, les conservateurs seraient les seuls des partis fédéraux dans ce camp, les autres préférant poursuivre les travaux en formule hybride avec un petit nombre de députés en présentiel et le reste en vidéoconférence. Les conservateurs résistent aussi aux appels du gouvernement pour instaurer le vote à distance pour les députés.

Lundi, le Bloc québécois a annoncé que la quasi-totalité de son caucus (30 des 32 députés) et une dizaine d’employés avaient été placés en isolement préventif, parce qu’un membre de l’entourage du chef Yves-François Blanchet a également été diagnostiqué atteint de la COVID-19. Mardi soir, le parti a en outre indiqué que l’épouse de M. Blanchet était atteinte de la maladie elle aussi. M. Blanchet devait faire un test de dépistage en Mauricie ce mercredi.

Malgré ces risques de cas de COVID-19 chez les députés fédéraux, Justin Trudeau a continué de marteler que le Parlement devrait reprendre ses travaux de façon hybride, avec certains députés en personne en Chambre. « Partout, il faut demeurer vigilants », a réagi le premier ministre, en insistant toutefois qu’il estime que « le retour du Parlement est une chose importante ». « Je pense qu’on a beaucoup d’enjeux dont il faut discuter pour pouvoir mieux servir les Canadiens. Mais évidemment, en même temps, nous allons devoir le faire de façon responsable », a-t-il commenté.

Rassembler l’ensemble des 338 députés dans la Chambre des communes « ne serait pas responsable », a avoué M. Trudeau. « Mais on a pu démontrer, au cours des derniers mois, que des séances hybrides, avec certaines personnes en présence physique et d’autres personnes connectées par vidéoconférence, ça peut très bien fonctionner », a-t-il argué.

L’Ontario limite les rassemblements intérieurs à 50 personnes et la province songe à réduire ce chiffre en raison de l’augmentation importante des cas de COVID-19. Mais cette règle ne s’applique pas à la colline du Parlement, où les élus déterminent leurs propres consignes sanitaires.

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