Erin O’Toole favorable à un élargissement de la loi 101

Le nouveau chef conservateur, Erin O’Toole, a rencontré le premier ministre François Legault dans ses bureaux montréalais, lundi.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le nouveau chef conservateur, Erin O’Toole, a rencontré le premier ministre François Legault dans ses bureaux montréalais, lundi.

Le nouveau chef conservateur, Erin O’Toole, s’est dit d’accord lundi avec l’idée que les entreprises à charte fédérale — comme les banques — soient assujetties aux dispositions de la loi 101. « C’est une question de respect », a-t-il indiqué au sortir d’une première rencontre avec François Legault.

« Je lui ai dit que les grandes institutions fédérales devraient respecter les dispositions touchant le français au Québec », a soutenu M. O’Toole lors d’un point de presse tenu devant les bureaux montréalais du premier ministre du Québec. « J’ai parlé de mon expérience d’avocat [pour de petites compagnies] : si elles doivent suivre les règles, pourquoi pas les banques ou les aéroports ? »

Le gouvernement caquiste souhaite assujettir à la loi 101 les entreprises de compétence fédérale présentes au Québec — elles ne le sont pas présentement. Ce changement majeur devrait être proposé dans le cadre du nouveau plan d’action que prépare le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette.

Sur la scène fédérale, tant le Bloc québécois que le Nouveau Parti démocratique étaient déjà favorables à cette modification.

Le chef conservateur, qui tenait à rencontrer M. Legault avant les autres premiers ministres provinciaux, a souligné avoir « appris beaucoup de choses après [une] discussion franche » avec le chef du gouvernement québécois. « Je suis ici pour bien comprendre les enjeux pour les Québécois avant la prochaine élection », a-t-il dit.

À la suite de son « excellente réunion », M. O’Toole s’est toutefois gardé de se prononcer sur deux sujets chers à François Legault.

Ainsi, concernant la proposition d’avoir une déclaration de revenus unique, le chef conservateur a réitéré qu’il est « ouvert à en parler », mais que sa position n’est pas encore définie.

« On a parlé de ça. J’ai dit que j’allais en parler avec mon caucus […], particulièrement avec mon caucus au Québec. » M. O’Toole a dit souhaiter « parler avec [ses] collègues, les syndicats, les gens [de l’Agence du revenu du Canada] à Shawinigan, et [qu’il prendra] une décision après les discussions ». « Je vais examiner tous les enjeux », a-t-il en soulignant qu’on « doit protéger les emplois » rattachés au traitement des déclarations de revenus.

Transferts en santé

Pour ce qui est des transferts fédéraux en santé — sujet d’un front commun entre l’Ontario et le Québec, qui réclament une hausse récurrente —, Erin O’Toole a simplement promis d’avoir une « approche de collaboration ».

« Je donnerai plus de financement pour la santé et [ce sera un financement] stable, prévisible, sans condition », a-t-il mentionné, sans préciser l’ampleur du financement qu’il pourrait envisager — et c’est la question au cœur de ce dossier.

Il a promis d’agir différemment du gouvernement Harper, qui avait décrété unilatéralement en décembre 2011 la hauteur des transferts en santé pour la période 2014-2024. « Je vais avoir une approche différente, a indiqué le chef conservateur. Après la pandémie, on doit travailler en étroite collaboration [avec les provinces] pour le bien-être des Canadiens. »

« C’est important de respecter les champs de compétence des provinces, y compris la santé, et je vais avoir une approche comme ça», a affirmé M. O’Toole.

Concernant les pipelines, Erin O’Toole a esquivé la perspective d’un conflit avec Québec en rappelant qu’il n’y a pas de projet sur la table qui impliquerait de traverser le territoire québécois.