Affaire UNIS: le NPD demande la démission de la ministre Chagger

«Je ne vois pas comment la ministre Chagger peut rester en poste en ayant induit en erreur deux comités parlementaires et la population canadienne», a plaidé le député néodémocrate Charlie Angus.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne «Je ne vois pas comment la ministre Chagger peut rester en poste en ayant induit en erreur deux comités parlementaires et la population canadienne», a plaidé le député néodémocrate Charlie Angus.

Le NPD demande qu’une autre tête roule dans la foulée de l’affaire UNIS (WE Charity en anglais). Le parti estime que la ministre responsable de la Jeunesse, Bardish Chagger, a menti aux élus en minimisant son rôle dans le choix de l’organisme dirigé par les frères Kielburger pour gérer le programme fédéral – maintenant avorté — de bourses du bénévolat.

« Oui, elle doit démissionner », a déclaré le député néodémocrate Charlie Angus en conférence de presse mardi.

Mme Chagger avait rencontré Craig Kielburger le 17 avril, soit cinq jours avant que le programme de bourses ne soit officiellement annoncé par le premier ministre Justin Trudeau. Lors de sa comparution en comité parlementaire, Mme Chagger avait soutenu qu’il n’avait pas été question de ce programme lors de la rencontre, mais plutôt d’une autre proposition d’UNIS visant à encourager les jeunes à faire de l’entrepreneuriat social.

En s’appuyant sur des documents fournis par la fonction publique dans le cadre des enquêtes parlementaires sur cette affaire, le député Angus conclut que ce n’est pas vrai. Il brandit un échange entre une fonctionnaire et une représentante d’UNIS dans lequel cette dernière relate la rencontre entre la ministre Chagger et Craig Kielburger. « Elle nous a suggéré de songer à ouvrir un volet service pour les jeunes qui ne sont actuellement pas bien soutenus par le mentorat virtuel et qui sont à la recherche de microsubventions pour faire avancer leur projet. À cet effet, Craig a assuré la ministre que si des objectifs stratégiques précis étaient fournis, nous pourrions modifier la proposition. » Aux yeux de M. Angus, il s’agit d’une preuve incriminante.

« Je ne vois pas comment la ministre Chagger peut rester en poste en ayant induit en erreur deux comités parlementaires et la population canadienne. »

Mais pourquoi l’implication politique de Mme Chagger poserait-elle un problème ? L’implication de Justin Trudeau et de son ex-ministre des Finances Bill Morneau a mené à l’ouverture d’enquête sur l’éthique car les deux hommes et leurs familles respectives ont des liens étroits avec le groupe UNIS. Ils pouvaient donc se trouver en conflit d’intérêts. Ce n’est pas le cas de Mme Chagger, qui n’a pas de relation particulière démontrée avec le groupe. M. Angus le reconnaît mais estime quand même qu’il y a problème.

« Ce groupe a obtenu un accès à la ministre et aux fonctionnaires clés qu’aucun autre groupe n’a eu. »

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