Beaucoup de congés payés pour les fonctionnaires fédéraux

Selon les estimations du DPB, les absences de fonctionnaires ont coûté au bas mot un demi-milliard de dollars.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Selon les estimations du DPB, les absences de fonctionnaires ont coûté au bas mot un demi-milliard de dollars.

La pandémie a coûté cher en perte de productivité à la fonction publique fédérale. Selon les estimations du Directeur parlementaire du budget, les absences de fonctionnaires ont coûté au bas mot un demi-milliard de dollars. Et cela pourrait n’être qu’une évaluation très conservatrice.

Les fonctionnaires fédéraux ont droit à des congés payés dits de code 699, c’est-à-dire pour diverses raisons, notamment pour avoir eu la COVID-19, avoir dû se mettre en quarantaine ou alors avoir dû prendre soin d’une personne à charge. Rien n’oblige un employé à épuiser ses congés de maladie, congés pour obligations familiales, congés personnels ou ses vacances avant de se prévaloir d’un congé de code 699.

Le Directeur parlementaire du budget (DPB) a voulu savoir, à la demande d’un député conservateur, combien de fonctionnaires s’en étaient prévalus du 15 mars au 31 mai. Réponse : plus de 76 000. Cela représente, selon le DPB, un coût estimatif de 439 millions de dollars, soit l’équivalent de 1 % de toutes les dépenses en personnel engendrées en 2018-2019.

En fait, le chiffre est encore plus élevé, car le DPB n’a obtenu les données que de 62 des 88 organisations de la fonction publique fédérale. En faisant une extrapolation, le DPB conclut que le coût a plutôt été de 623 millions de dollars. Le mois de juin n’a pas encore été comptabilisé, mais pourrait avoir coûté entre 80 et 140 millions de dollars supplémentaires.

L’organisme dont les fonctionnaires se sont le plus, et de loin, prévalus de cette disposition est l’Agence du revenu du Canada (ARC) : 40 057 fonctionnaires ont demandé un tel congé, pour une dépense moyenne par travailleur de 7767 $. L’ARC rétorque qu’elle est une des plus grosses organisations du gouvernement fédéral et surtout qu’elle exige de ses employés de remplir minutieusement leurs feuilles de temps. Cela a permis de mieux documenter le recours aux congés de code 699.

« Cela confirme l’avis du DPB selon lequel certaines organisations ont probablement sous-déclaré la prise de congés de code 699 », peut-on lire dans le rapport publié vendredi. « Le fait que l’ARC a été chargée de mettre en œuvre de nouvelles prestations pour des millions de particuliers et d’entreprises (la Prestation canadienne d’urgence et la subvention salariale) dans un délai très court, tout en continuant de traiter les déclarations de revenus et d’autres paiements, semble indiquer qu’une proportion assez importante des employés était en fait au travail. Par contre, des faits anecdotiques indiquent que plusieurs activités dans d’autres organisations (même celles qui ont des échéances prescrites par la loi, comme les demandes d’accès à l’information) ont été mises en attente, ce qui donne à penser qu’une grande partie des employés ne travaillaient pas, malgré les chiffres déclarés par ces organisations. Par conséquent, les congés déclarés par les organisations fédérales sont probablement sous-estimés par rapport au nombre d’heures de travail perdues au cours de cette période. »

Le DPB note qu’un autre facteur n’est pas pris en compte dans le coût de ces congés, soit le coût des heures supplémentaires effectuées et des possibles embauches faites pour compenser les congés de code 699.

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