Justin Trudeau sommé de lancer une enquête sur Julie Payette

La gouverneure générale du Canada, Julie Payette
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La gouverneure générale du Canada, Julie Payette

Tant les néodémocrates que les conservateurs somment Justin Trudeau de ne pas négliger les allégations de harcèlement psychologique et d’intimidation brandies contre la gouverneure générale Julie Payette. Mais le premier ministre n’a pas semblé acquiescer à ces demandes mercredi.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a martelé que M. Trudeau a « l’obligation » de lancer une enquête indépendante sur le climat de travail à Rideau Hall, qui a été qualifié de toxique par plusieurs sources de la CBC.

« Compte tenu du sérieux de ces plaintes, de la gravité de toute situation de harcèlement en milieu de travail et du fait que nous devons être engagés à offrir un environnement de travail sain pour tout le monde, le premier ministre devrait donner l’exemple pour le reste du pays », a dit M. Singh en point de presse mercredi. « Le gouvernement libéral, le premier ministre en particulier, a la responsabilité de donner suite à ces plaintes parce qu’il est important de s’assurer que tous les travailleurs ont un milieu de travail sécuritaire où ils travaillent avec dignité », a-t-il affirmé.

Le député conservateur Jacques Gourde a lui aussi fait valoir que les Canadiens devraient pouvoir exercer leur métier dans un « environnement de travail sain ». « C’est le gouvernement qui a fait cette nomination, il faut maintenant faire la lumière sur cette situation et régler le problème », a-t-il déclaré par voie de communiqué. Le Bloc québécois a quant à lui refusé de faire des commentaires.

Justin Trudeau ne s’est toutefois pas engagé à intervenir. « Tous les Canadiens, particulièrement ceux dans la fonction publique, ont le droit de travailler dans des lieux de travail sécuritaires et corrects », s’est-il contenté de dire aux Communes, en reprenant l’essentiel de ses commentaires exprimés la veille par voie de communiqué. Son bureau a refusé d’en dire davantage.

C’est le gouvernement qui a fait cette nomination, il faut maintenant faire la lumière sur cette situation et régler le problème

 

À Rideau Hall, l’attachée de presse de la gouverneure générale n’avait rien à ajouter non plus lorsque Le Devoir lui a demandé si un processus serait lancé pour accueillir les plaintes rapportées par la CBC. Le Devoir n’a pas été en mesure de corroborer ces allégations.

Climat de travail « toxique »

La CBC a rapporté mardi soir que plusieurs anciens employés de Rideau Hall ont été la cible de cris ou d’humiliations publiques de la part de la gouverneure générale ou de sa secrétaire et amie Assunta Di Lorenzo.

Le bureau de la gouverneure générale s’est défendu d’être le lieu d’un climat de travail toxique mardi soir, affirmant que la teneur du reportage de CBC « contraste complètement avec la réalité du travail » au sein de l’équipe. Rideau Hall argue qu’aucune plainte officielle n’a été déposée au sein du bureau, auprès du syndicat de la fonction publique ou de l’ombudsman indépendant. Les victimes présumées des comportements rapportés par la CBC disaient toutefois craindre de porter plainte puisque les deux personnes les plus haut placées de Rideau Hall sont celles qui ont un comportement problématique, selon elles.

La secrétaire de Mme Payette, Assunta Di Lorenzo, a en outre envoyé un courriel à l’interne, toujours selon la CBC, pour assurer les employés de Rideau Hall que la gouverneure générale et elles étaient « profondément déterminées à favoriser un sain environnement de travail ».

Ce n’est pas la première fois que la gouverneure générale est accusée de tels comportements par des sources anonymes. Le National Post et Maclean’s ont fait état à quelques reprises, depuis deux ans, d’un mauvais climat de travail à Rideau Hall.

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Jagmeet Singh s’est abstenu de réclamer le départ de Mme Payette. « C’est à la gouverneure générale de prendre cette décision elle-même, a-t-il affirmé. Mais il doit y avoir un suivi [aux allégations] et, après le suivi, peut-être qu’on devra prendre d’autres mesures. »

Julie Payette a été nommée à son poste par M. Trudeau à l’automne 2017. Il reste deux ans avant la fin de son mandat.

4 commentaires
  • Serge Trudel - Inscrit 23 juillet 2020 01 h 21

    Les divas de Rideau Hall

    Plus ça change, plus c'est pareil!

    Après la prima donna Michaëlle Jean et sa saga de l'eau chaude (même si c'était lors de son mandat en tant que secrétaire de la Francophonie, j'en conviens fort volontiers), voici venir notre astronaute nationale Julie Payette. Le pouvoir dont elle bénéficie à Rideau Hall lui a manifestement monté à la tête et elle se comporte en véritable tyranne d'opérette, piquant des crises de gamine (tantrums) et autres danses du bacon lorsque la moindre contrariété vient lui chatouiller l'épiderme qu'elle a fort sensible, la pauvre chérie.

    Et loin de vouloir dédramatiser la situation, sa bonne copine en rajoute en y allant à son tour d'une conduite relevant carrément de l'abus de pouvoir caractérisé.

    Les employés de Rideau Hall ne demandent pourtant pas la Lune à Madame Payette ni qu'elle s'y rende non plus, mais simplement un minimum de respect auquel a droit tout employé et être humain. Décidément, l'empathie est une denrée rare dans notre société...

  • Luc Champagne - Abonné 23 juillet 2020 07 h 47

    La Diva

    Elle est payée par les contribuables. La vice-reine représente une institution dépassée au Canada.Certes, la Reine au Royaume-Uni est immensément populaire dans le monde surtout pour ses qualités personnelles. Ne pas oublier qu'elle a été durant la dernière grande guerre mécanicienne pour l'armée britannique.Qu'a-t-elle, la Julie Payette, à mépriser son monde. Elle se prend pour qui?

    • Luc Champagne - Abonné 23 juillet 2020 18 h 24

      J'ai oublié, dans mon commentaire, de souligner que, Elizabeth II était une grande amie de Nelson Mandela.Une autre précision:la Reine,elle,a des qualités personnelles. Julie Payette...à vous de juger. Hum!

  • Marcel Vachon - Abonné 23 juillet 2020 09 h 15

    Si les Premiers Ministres ne notre pays et des provinces ne peuvent engager comme employés immédiats leur conjointes ou conjoint, pourquoi une gouverneure générale pourrait le faire?