La ministre Chagger n’a discuté d’UNIS qu’avec ses fonctionnaires

Bardish Chagger, ministre de la Jeunesse, a témoigné devant le Comité des finances de la Chambre des communes au sujet de l’entente avec UNIS portant sur la gestion d’un programme du gouvernement.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Bardish Chagger, ministre de la Jeunesse, a témoigné devant le Comité des finances de la Chambre des communes au sujet de l’entente avec UNIS portant sur la gestion d’un programme du gouvernement.

La ministre fédérale de la Jeunesse affirme qu’elle n’a pas été mandatée par le cabinet du premier ministre afin de conclure une entente avec l’organisme UNIS pour la gestion du programme de bourses de bénévolat pour les étudiants — une entente qui a depuis avorté et qui s’est embourbée dans des considérations éthiques.

Bardish Chagger a déclaré jeudi au Comité des finances de la Chambre des communes qu’elle n’avait pas eu personnellement de conversations avec des membres du cabinet de Justin Trudeau ou du ministre des Finances, Bill Morneau, avant que l’entente soit approuvée par les ministres.

Selon elle, c’est un haut fonctionnaire du ministère de l’Emploi et du Développement social qui a soutenu, par écrit, que l’organisme sans but lucratif UNIS (« WE Charity », en anglais) était la seule organisation au pays qui pouvait distribuer les bourses d’étude totalisant 912 millions de dollars.

UNIS aurait pu recevoir jusqu’à 43,53 millions de ce contrat sans appel d’offres pour administrer le programme, s’il avait pu remettre jusqu’à 40 000 bourses d’étude, le double des 20 000 initialement prévues dans le programme, a indiqué la ministre.

Mme Chagger a toutefois été moins claire sur d’autres aspects du dossier, notamment sur le nombre de postes que le programme était censé créer pour les étudiants et sur la personne, au sein de son cabinet, qui avait parlé du contrat à fournisseur unique avec des membres de la garde rapprochée du premier ministre.

Mme Chagger et de hauts fonctionnaires sont les premiers témoins à comparaître devant ce comité des Communes ; il s’agit de la première enquête parlementaire sur la façon dont UNIS a été sélectionné pour administrer la nouvelle bourse canadienne pour le bénévolat étudiant.

Plongé dans la controverse, l’organisme a finalement renoncé au contrat il y a deux semaines. Les fonctionnaires ont pris le relais, mais ils ont du mal à contrôler les détails du programme, alors que l’été avance.

La bourse vise à aider les étudiants qui ne trouvent pas de travail d’été à cause de la COVID-19 et qui souhaitent faire du bénévolat. Le programme offre jusqu’à 5000 $ pour payer les droits de scolarité en échange de 500 heures de bénévolat.

Le commissaire fédéral à l’éthique a par ailleurs annoncé jeudi qu’il intégrera M. Morneau dans son enquête sur le rôle du premier ministre dans cette affaire. M. Trudeau, son frère et sa mère ont tous des liens avec l’organisme UNIS, cofondé par les frères Craig et Marc Kielburger. L’une des filles de M. Morneau est aussi une employée de l’organisme.

M. Trudeau a reconnu la semaine dernière qu’il aurait dû se retirer de la discussion sur l’attribution du contrat, étant donné les liens de sa famille avec UNIS.

Le porte-parole conservateur en matière d’éthique, Michael Barrett, estime qu’il faudrait une enquête criminelle sur l’attribution du contrat, malgré l’élargissement de l’enquête du commissaire à l’éthique.

La durée moyenne d’une enquête du commissaire à l’éthique est de sept mois.

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