Le chef du Bloc évite de répondre aux questions

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, refuse de dire si son parti acceptera les conclusions d’un comité fédéral qui se penchera sur l’existence du racisme systémique au sein des services policiers au Canada.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, refuse de dire si son parti acceptera les conclusions d’un comité fédéral qui se penchera sur l’existence du racisme systémique au sein des services policiers au Canada.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, refuse de dire si son parti acceptera les conclusions d’un comité fédéral qui se penchera sur l’existence du racisme systémique au sein des services policiers au Canada.

Le comité de la Sécurité publique doit se réunir une première fois mardi pour se pencher sur cette question spécifique.

Le mandat de ce comité a été au cœur d’un échange tendu à la Chambre des communes, la semaine dernière. Le Bloc québécois avait refusé de donner son consentement à une motion néodémocrate qui affirme qu’il y a du racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

Le chef Jagmeet Singh avait traité le leader parlementaire du Bloc, Alain Therrien, de « raciste » et avait refusé de s’excuser.

Les bloquistes, de leur côté, ont soutenu que la motion était prématurée et n’ont pas voulu présumer des conclusions du comité.

Évidemment, je n’ai pas envie que la journée, la semaine ou l’été soient contaminés par un exercice partisan. Je n’ai pas envie de ça.

 

De passage dans sa circonscription de Chambly pour y présenter son bilan de session parlementaire, lundi matin, M. Blanchet n’a pas voulu ajouter de l’eau au moulin de cet épisode aux Communes en réponse aux questions des journalistes.

« Évidemment, je n’ai pas envie que la journée, la semaine ou l’été soient contaminés par un exercice partisan. Je n’ai pas envie de ça », a-t-il dit.

Pourtant, il y a fait explicitement référence dans le document de neuf pages relatant la dernière session parlementaire et distribué aux médias.

Sous la rubrique « Mot du chef », M. Blanchet mentionne « une seconde crise autochtone » — après celle des Wet’suwet’en — « qui s’est rapidement transformée en arme de politique partisane pitoyable ».

Le chef bloquiste dit que le mot « pitoyable », en référence aux actions du Nouveau Parti démocratique, était « mesuré ».

« Ça a donné lieu à un des exercices les plus inélégants, donc j’étais convaincu que c’était… d’avoir échappé le ballon. Et j’ai découvert ensuite que c’était devenu une opération orchestrée. C’est à ça que je ne veux pas donner de carburant », a souligné M. Blanchet.

À son avis, les « seuls juges » de cette situation entre le Bloc et le NPD seront les Premières Nations et les Québécois. « Je m’en remets entièrement à leur jugement », a-t-il affirmé.

Après coup, il s’est refusé à répondre aux questions subséquentes à ce sujet, y compris sur le comité fédéral à venir et le « geste » qu’aurait fait M. Therrien et qui aurait déclenché la colère de M. Singh.

M. Therrien, à ses côtés, n’a pas pris la parole pour y répondre. « Je réponds aux questions », a tranché M. Blanchet, en anglais, à l’intention d’une journaliste.

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Bilan de session

La collaboration entre le gouvernement Trudeau minoritaire et les 32 députés bloquistes est moins facile maintenant qu’au début du mandat.

C’est du moins l’analyse qu’en fait M. Blanchet, qui dit avoir néanmoins réussi à faire des gains pendant les quelques journées durant lesquelles le Parlement a siégé depuis le 21 octobre dernier.

Protection accrue de l’aluminium québécois, défense des personnes malades sur l’assurance-emploi, protection de la laïcité de l’État : autant de dossiers que le Bloc estime avoir réussi à faire avancer.

M. Blanchet dit que son parti a aussi été en « mode solutions » lors de la première crise autochtone, celle des Wet’suwet’en, qui a mené à un blocage des voies ferroviaires à travers le pays.

Puis, en début de pandémie, le Bloc a poussé pour de l’aide aux aînés, des améliorations à la Prestation canadienne d’urgence et avait même proposé la création d’un Parlement dit « virtuel », avant de constater ce que M. Blanchet estime être un changement d’attitude de la part des libéraux.

« On a fini par découvrir qu’un gouvernement qui distribue des milliards, qui viendront quand même de vos poches et des nôtres, peut avoir un certain succès, un taux d’appréciation, et ça a ramené une forme de partisanerie », a déploré le chef bloquiste.

Selon lui, cette partisanerie aurait ramené « un vieux mauvais pli héréditaire canadien » en voulant s’ingérer dans les compétences provinciales, en matière de santé notamment.

Il estime malgré tout qu’il faudra collaborer pour faire passer l’aide promise aux personnes handicapées et dit que le Bloc est prêt à siéger cet été, outre les journées déjà prévues à l’horaire, pour ce faire.