14 milliards aux provinces: Trudeau dit s'être entendu avec «certaines régions»

Le premier ministre Justin Trudeau fait le point sur la pandémie de coronavirus.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau fait le point sur la pandémie de coronavirus.

Alors que Québec continue à réclamer que sa part des 14 milliards offerts par Ottawa pour la réouverture post-épidémie soit versée sans conditions, Justin Trudeau laisse clairement entendre que d'autres provinces sont prêtes à céder sur ce point.

«Je suis très confiant que nous pourrons annoncer de bonnes nouvelles pour certaines régions bientôt», a déclaré le premier ministre, vendredi, lorsqu'on lui a demandé où en étaient les négociations avec les provinces.

Jeudi soir, les premiers ministres du pays se sont parlé au téléphone, pour la 14e fois depuis le début de la pandémie.

«Les conversations continuent et les négociations avancent», s'est contenté, d'abord, de dire M. Trudeau en français. Puis, lorsqu'il a répondu à la même question d'un journaliste anglophone, il a ajouté ce détail sur «certaines régions».

Pour ce qui est de Québec, M. Trudeau a assuré que son offre, avec conditions, est tout de même «flexible».

«Oui, il va y avoir des conditions, mais on reconnaît aussi énormément de flexibilité à l'intérieur de ces objectifs, parce que différentes provinces ont différentes réalités. Par exemple, au Québec, ils ont fait des achats directs d'équipement de protection individuelle. (...) On est près donc (...) à en rembourser. Plutôt que de leur envoyer des masques quand ils n'en ont pas besoin, on va les rembourser pour les masques qu'eux ont achetés», a-t-il fait valoir.

Les 14 milliards et les municipalités
Pendant ce temps, les municipalités ont réitéré leur demande pour au moins 10 milliards $.

La Fédération canadienne des municipalités (FCM) ajoute quatre «exigences» à cette demande.

Il faudrait que les villes du pays reçoivent «au moins 10 milliards de dollars en fonds de fonctionnement d'urgence», on doit protéger les services essentiels, dont l'eau potable et les transports collectifs, et les fonds doivent être distribués «rapidement et de manière directe». Enfin, et surtout, la part des 14 milliards $ qui reviendrait aux municipalités devrait être «clairement précisée» aux provinces qui recevront l'argent d'Ottawa.

Les municipalités préviennent qu'elles devront faire des compressions dans les services essentiels s'il n'y a pas d'aide financière suffisante d'Ottawa pour faire face aux suites de la première vague de l'épidémie de la COVID-19.

«Couper le budget du déneigement, l'entretien des routes, baisser le budget des services essentiels... ce sont des décisions qu'on devra prendre», a prévenu le maire de Laval, Marc Demers, lors d'un appel en vidéoconférence avec la presse, vendredi matin.

M. Demers et les autres maires présents sur l'appel ont déploré la lenteur et l'opacité des discussions qui ont lieu entre Ottawa et les provinces pour distribuer le 14 milliards. «À l'heure actuelle, on n'est pas assis à la table des négociations, on ne sait pas ce qui se passe», a rapporté le maire de Laval.

Ottawa a déjà décidé de verser plus tôt que prévu les 2,2 milliards du Fonds fédéral de la taxe sur l'essence, une aide directe d'Ottawa aux villes qui est distribuée chaque année.

M. Trudeau n'a pas voulu dire si dans ses conditions aux provinces il exige qu'une partie précise des 14 milliards aille aux municipalités.

«Je pense que ce n'est pas déraisonnable de dire que, en plus de s'occuper d'un palier de gouvernement qui n'est pas directement sous notre influence ou contrôle, on s'attend à ce que le palier de gouvernement provincial, qui a la responsabilité pour les villes, contribue à ces villes aussi», a-t-il simplement dit.

Nombre de cas
Il y a eu plus de 2 295 000 tests administrés au Canada depuis le début de la pandémie. On fait passer en moyenne 36 000 tests par jour au Canada. La maladie a été détectée par seulement un peu plus de 1 % de ces tests.

Jusqu'à maintenant, on a recensé 100 565 cas confirmés ou probables dans l'ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8346 Canadiens.