Un député québécois appuie Peter MacKay et écorche Erin O’Toole au passage

<p>Joël Godin change de camp après avoir appuyé son rival Erin O’Toole il y a trois ans.</p>
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne

Joël Godin change de camp après avoir appuyé son rival Erin O’Toole il y a trois ans.

Le député conservateur québécois Joël Godin a choisi d’appuyer Peter MacKay, pour la chefferie du Parti conservateur. M. Godin change ainsi de camp après avoir appuyé son rival Erin O’Toole il y a trois ans, déplorant que M. O’Toole ait depuis changé de ton sur les questions sociales par soucis de « stratégie ».

Le député de Portneuf-Jacques-Cartier a annoncé sa décision jeudi, au lendemain du débat en français des candidats à la succession d’Andrew Scheer. M. Godin a reconnu que M. MacKay n’est « pas bilingue, on s’entend ». Mais il estime qu’il est amélioré depuis son lancement de campagne, lors duquel son niveau de français avait été vivement critiqué. « Son français, hier, m’a impressionné », a affirmé M. Godin.

L’élu québécois a en outre décidé d’endosser M. MacKay parce qu’il est progressiste, pro-choix, et qu’il faisait partie du gouvernement conservateur lors de la dernière crise économique de 2008.

Pourtant, M. Godin avait appuyé Erin O’Toole lors de la dernière course à la chefferie conservatrice. « J’ai choisi Erin O’Toole en 2017 parmi les candidats qu’il y avait de disponibles », a-t-il expliqué au Devoir. « Maintenant, je suis plus progressiste-conservateur et Peter MacKay était chef du Parti progressiste-conservateur. […] C’est ce dont on a besoin. Il faut brasser les colonnes du temple du Parti conservateur et il faut aller ailleurs que la droite sociale. »

Il y a trois ans, Erin O’Toole faisait partie des candidats dits plus progressistes-conservateurs de la course. Trois ans plus tard, avec seulement quatre candidats en lice dont deux pro-vie, M. O’Toole courtise le vote des conservateurs sociaux en sollicitant leur appui au vote préférentiel. M. O’Toole a ainsi demandé à des militants pro-vie du Québec, lors d’une rencontre virtuelle, de le choisir comme leur deuxième choix. Ce sont ces nombreux appuis des conservateurs sociaux qui avaient permis à Andrew Scheer de gagner contre Maxime Bernier en 2017.

« Je ne suis pas à l’aise avec ça, son réalignement », confie M. Godin au sujet d’Erin O’Toole. « Il y a de l’opportunisme. C’est de la stratégie. »

En réalité, M. O’Toole et M. MacKay ont des positions quasi-identiques. Bien que M. O’Toole ait refusé de se dire publiquement pro-vie ou pro-choix lors du débat des candidats de jeudi soir, il a fini par clarifier sa position en point de presse par après. « Oui, je suis pro-choix. » M. MacKay s’avoue quant à lui pro-choix depuis le début de sa campagne et a critiqué le manque de position claire d’Andrew Scheer sur cette question lors de la dernière élection.

Tant M. MacKay que M. O’Toole permettraient tous deux en revanche à leur caucus de voter librement sur des questions de conscience.

La majorité des députés québécois ont endossé Peter MacKay (Luc Berthold, Steven Blaney, Bernard Généreux, Jacques Gourde, Pierre Paul-Hus, Joël Godin), de même que deux sénateurs (Pierre-Hugues Boisvenu, Claude Carignan). Un seul député s’est rangé derrière Erin O’Toole pour l’instant (Richard Martel), et trois sénateurs (Leo Housakos, Judith Seidman, Larry Smith).

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