Justin Trudeau promet de prolonger la PCU, mais ne précise pas encore comment

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau

L’économie a beau reprendre ses activités peu à peu, l’aide fédérale aux travailleurs se poursuivra encore quelque temps. Justin Trudeau a confirmé que la Prestation canadienne d’urgence sera prolongée. Il faudra cependant attendre quelques jours pour savoir quels travailleurs y auront encore droit et quels montants leur seront alloués.

Le premier ministre a reconnu lundi que malgré la réouverture des commerces et des entreprises au pays, « il y a énormément d’emplois qui sont encore disparus, qui ne reviennent pas assez rapidement ». Il a donc voulu rassurer les Canadiens qui craignent de se retrouver sans le sou dans deux semaines, lorsque leurs prestations de PCU prendront fin sans que leur emploi soit nécessairement de nouveau au rendez-vous. « On est en train de trouver une solution pour prolonger la période de prestations pour ceux qui ne peuvent toujours pas retourner au travail à cause de la pandémie », leur a annoncé M. Trudeau. « On aura plus de détails pour vous cette semaine, mais pour l’instant, je veux que vous sachiez qu’on va continuer d’être là pour vous et votre famille. »

M. Trudeau n’a pas précisé de quelle façon la PCU sera prolongée. Le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Duclos, a cependant semblé confirmer qu’il fallait s’attendre à « l’ajustement des paramètres » du programme. « La PCU doit s’ajuster pour faire davantage de place à la subvention salariale et d’autres mesures éventuellement pour que les effets de désincitation [au travail], qui étaient exactement les bons au début [de la pandémie], ne soient pas maintenant en opposition à la croissance économique et la création d’emploi », a-t-il expliqué.

Si Ottawa s’en tient à prolonger la PCU dans sa version actuelle ou à en modifier le montant des prestations, le changement pourra être apporté par voie réglementaire, sans apport du Parlement. Autrement, un projet de loi sera nécessaire et, avec la relâche estivale qui s’en vient, cela pourrait compliquer les choses.

Le Conseil national des chômeurs s’est réjoui de la promesse fédérale, si floue soit-elle. « Voilà enfin une perspective qui semble rassurante », a réagi Pierre Céré, en disant avoir « hâte de voir les détails ».

 

Des élections précipitées ?

Les appels à prolonger la prestation de 2000 $ par mois se multipliaient depuis quelques semaines, notamment de la part du chef néodémocrate, Jagmeet Singh, qui en a fait une condition à l’appui de son parti pour un vote de confiance aux Communes mercredi.

Le gouvernement de Justin Trudeau fera alors voter son plus récent budget supplémentaire de dépenses. Les libéraux veulent faire approuver 87 milliards de dollars de dépenses, dont 6 milliards en nouvelles dépenses.

M. Singh a prévenu qu’il n’appuierait pas le gouvernement minoritaire de M. Trudeau si ce dernier ne prend pas un « engagement concret » de prolonger la PCU pour les millions de Canadiens qui se préparent à la perdre le 5 juillet. M. Singh réclamait la semaine dernière que la PCU soit prolongée encore quatre mois, mais il s’est dit « flexible » lundi quant à la façon d’allonger le programme. « Moi, mon but, ce n’est pas de faire tomber le gouvernement. C’est d’aider les gens. »

Le Bloc québécois et le Parti conservateur n’ont pas dévoilé les conditions qu’ils posent pour octroyer leur appui au gouvernement mercredi.

Le Bloc avait toutefois suggéré au cours des dernières semaines que la PCU soit prolongée pour certains secteurs encore affectés par la pandémie, comme le tourisme ou les arts. Le parti souhaitait également que les travailleurs qui reprennent le travail puissent conserver une partie de leurs prestations afin de ne pas être trop pénalisés par un retour au boulot. Pour l’instant, le programme permet seulement à un prestataire de gagner 1000 $ par mois. Au-dessus de ce plafond, il perd en totalité la prestation.

Le Directeur parlementaire du budget a évalué cette proposition et, en présumant que le changement ne serait pas rétroactif, il a conclu que cela coûterait 967 millions $ de plus — une hausse de 11 % des coûts restants du programme.

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