Trudeau abordera les conditions de vie des aînés avec les provinces

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau dit qu'il a l'intention de discuter des conditions de vie dans les centres de soins de longue durée avec les provinces et les territoires, après la publication de deux rapports accablants sur les conditions des aînés au Québec et en Ontario.

En conférence de presse devant sa résidence, mercredi, il a dit qu'il en discutera lors de son appel hebdomadaire avec ses homologues des provinces et des territoires, qui a lieu tous les jeudis soir.

M. Trudeau estime que le rapport des Forces armées canadiennes sur ses activités dans les CHSLD du Québec soulève «plusieurs enjeux préoccupants», comme le manque de main-d'oeuvre. Un rapport semblable avait été rendu public la veille, en Ontario.

M. Trudeau est resté vague sur ses intentions, mais plus d'argent pour les provinces et territoires ne semble pas être une option envisagée.

« Nous avons augmenté les transferts en santé pour les provinces d'un demi-milliard de dollars, qu'on a envoyés en début de cette pandémie pour que les provinces justement puissent répondre aux besoins criants associés à la COVID-19 », s'est-il défendu en réponse à la question d'un journaliste.

« Nous allons continuer d'être là dans l'immédiat pour aider de toutes sortes de différentes façons avec cet enjeu. Pour le moyen et long terme, nous allons être là pour les conversations que nous devons avoir sur comment nous allons mieux pouvoir aider nos aînés à travers le pays », a-t-il offert.

L'Ontario et le Québec ont demandé l'aide des militaires dans les CHSLD au-delà de la date prévue de la fin de la mission, le 12 juin.

Le premier ministre ontarien Doug Ford souhaite qu'ils restent 30 jours supplémentaires, jusqu'au 12 juillet. Le premier ministre québécois François Legault a indiqué mercredi que sa demande s'étend jusqu'au 15 septembre.

« Je pense que nous comprenons tous que d'avoir des soldats dans nos CHSLD, c'est pas une solution à moyen ou long terme. C'est une solution à court terme », a averti M. Trudeau, qui a réitéré que des discussions sont en cours avec l'Ontario et le Québec à cet effet.

Réactions de l'opposition

Les partis d'opposition fédéraux, eux, ont des opinions divergentes au sujet de l'ingérence d'Ottawa dans les champs de compétence des provinces.

Fort de la promesse de M. Trudeau d'instaurer 10 jours de congé de maladie, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh juge maintenant que le gouvernement fédéral devrait «pousser pour des standards nationaux» pour les centres de soins de longue durée. Ceux-ci seraient conditionnels à un financement accru en santé.

En anglais, M. Trudeau a déclaré mercredi matin qu'il n'a pas l'intention de « court-circuiter » les conversations à venir « en mettant de l'avant des propositions agressives » comme celle-ci.

Selon M. Singh, il est inacceptable que le premier ministre se range derrière les champs de compétence des provinces et des territoires pour ne pas agir. « Les gouvernements provinciaux aussi ont été négligents avec la situation. Donc, c'est le moment de montrer du leadership. Il faut travailler ensemble. C'est la seule façon de trouver des solutions », a-t-il dit mercredi matin.

Ces propos du NPD ont fait bondir le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. « Si même, même Justin Trudeau reconnaît que ce n'est pas une bonne idée de commencer à faire des conflits de juridiction en pleine crise, je pense que M. Singh devrait comprendre que c'est éminemment déplacé », a-t-il déclaré.

M. Legault estime, de son côté, que si Ottawa veut aider, il devrait augmenter les transferts fédéraux en santé. Pour ce qui est des 10 jours de congé de maladie, le premier ministre du Québec a fait savoir à M. Trudeau mercredi matin qu'il y avait une réaction «très négative» du milieu des affaires.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 1 500 000 tests administrés au Canada jusqu’à maintenant, dont quelque 22 300 par jour ces dernières semaines. Environ 5 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 87 482 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays, dont plus de la moitié sont guéris. La COVID-19 a provoqué la mort de 6760 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 49 139 cas au Québec, dont 4228 décès; 26 483 cas en Ontario, dont 2155 décès; 6901 cas en Alberta, dont 139 décès; 2542 cas en Colombie-Britannique, dont 161 décès; 1053 cas en Nouvelle-Écosse, dont 59 décès; 634 cas en Saskatchewan, dont huit décès; 292 cas au Manitoba, dont sept décès; 260 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 122 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris sauf deux; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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