Trudeau ouvert à récompenser les réfugiés au front dans les CHSLD

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Justin Trudeau croit lui aussi qu’il faut reconnaître le travail acharné des centaines de demandeurs d’asile qui combattent la pandémie de COVID-19 dans les résidences pour personnes âgées du pays. Le premier ministre ouvre la porte à faire une entorse aux règles d’immigration pour régulariser leur statut.

« On sait qu’il y a des gens extraordinaires qui font un travail héroïque dans nos centres de longue durée et nous devons regarder comment on peut les aider », a affirmé le premier ministre fédéral mardi. « On est dans une situation particulière et exceptionnelle. La crise de la COVID-19 exige qu’on revoie différentes choses, a-t-il fait valoir. C’est sûr que notre système d’immigration est ancré dans le respect des processus et l’équité et l’égalité pour tout le monde. C’est important de suivre ces processus. Mais dans une situation exceptionnelle, on peut évidemment considérer des exceptions », a-t-il affirmé.

Son ministre de l’Immigration, Marco Mendicino, se penche présentement sur la question.

On est dans une situation particulière et exceptionnelle. La crise de la COVID-19 exige qu’on revoie différentes choses.

Initiative du Québec

François Legault a évoqué lundi l’idée de régulariser le statut des demandeurs d’asile qui sont au front dans les CHSLD du Québec.

Le gouvernement québécois envisage d’étudier leurs dossiers « un par un » en vue de les accepter comme immigrants immédiatement plutôt que de les contraindre, à titre de demandeurs d’asile, de prouver que leur sécurité est menacée dans leur pays d’origine pour rester au Canada.

Pour ce faire, Québec pourrait leur offrir un certificat de sélection, mais il faudrait ensuite que leur demande d’immigration soit approuvée par le fédéral avant d’obtenir une résidence permanente.

La province pourrait également créer un nouveau programme pour les accueillir comme immigrants économiques en vertu de son champ de compétence en la matière — car ces travailleurs ne se qualifient pas aux programmes québécois existants.

 

Ottawa pourrait en outre agir seul, en leur accordant la citoyenneté canadienne grâce aux pouvoirs discrétionnaires du ministre Mendicino en ce sens. M. Trudeau n’a pas précisé mardi la formule envisagée par Ottawa.

Le bureau du premier ministre Legault a pris acte de la main tendue du fédéral et a indiqué que les deux gouvernements « auront l’occasion de poursuivre les échanges au cours des prochaines semaines ».

Entre 800 et 1000 préposés aux bénéficiaires pourraient ainsi voir leur statut normalisé.

Le Bloc québécois a pour sa part invité le fédéral à accélérer simplement l’étude des dossiers de demandeurs d’asile qui sont déjà en attente d’une audience devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.

« Ce sont des dossiers qui existent déjà, on ne fait que les prioriser. On les prend d’en dessous de la pile et on les remet sur le dessus », a expliqué l’élue bloquiste Christine Normandin.

Le Bloc souhaite ainsi aider les demandeurs d’asile en attente, les familles de réfugiés acceptés au pays qui tentent de venir les rejoindre ou ceux qui ont vu leur demande refusée et qui l’ont redéposée pour des motifs humanitaires.

Une simple accélération du processus d’évaluation des demandes accélérerait cependant du même coup l’ordonnance de possibles expulsions, qui sont impossibles en ce moment compte tenu des restrictions frontalières partout dans le monde.

 

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