Les partis politiques, eux aussi, veulent profiter de l’aide d’Ottawa

Seul le Bloc québécois ne demandera pas l’aide financière du fédéral, jugeant le geste inapproprié.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Seul le Bloc québécois ne demandera pas l’aide financière du fédéral, jugeant le geste inapproprié.

Il n’y a pas que les entreprises qui ont besoin de l’aide financière du fédéral pour traverser la pandémie. Les partis fédéraux souhaitent eux aussi s’en prévaloir et ont tous fait une demande pour profiter de la subvention salariale d’Ottawa afin de pouvoir payer leurs employés. Tous, sauf le Bloc québécois.

Le Parti libéral et le Parti conservateur ont déjà vu leur demande approuvée par le gouvernement. Le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert ont quant à eux soumis la leur et attendent des nouvelles.

« La santé et la sécurité des Canadiens sont toujours nos priorités absolues et nous avons cessé toutes nos activités de financement en personne dès le début du mois de mars », se sont justifiés les libéraux.

Du côté du Parti conservateur, le porte-parole Cory Hann a fait lui aussi valoir que la formation a dû s’adapter « à la nouvelle réalité » pour éviter d’avoir à mettre à pied la soixantaine d’employés du parti. « En tant qu’organisation, nous dépendons essentiellement des dons des particuliers, particulièrement pour nos activités quotidiennes qui sont financées à 100 % par nos donateurs. »

Un discours qu’a repris la directrice nationale du NPD, Anne McGrath.

« Pour s’assurer que les travailleurs gardent leur emploi et ne dépendent pas de la Prestation canadienne d’urgence, le parti a suivi le conseil que le gouvernement donne à toutes les organisations qui ont vu ce genre de baisse de revenus et a demandé à bénéficier de la subvention salariale », a-t-elle expliqué.

Il est inadmissible que des partis politiques [...] utilisent les fonds publics pour payer des salaires partisans  

La PCU offre 2000 $ par mois aux travailleurs qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie. La subvention salariale finance quant à elle 75 % des salaires d’employés d’une entreprise qui les garde à l’emploi, si la compagnie a perdu au moins 30 % de ses revenus, et ce, jusqu’à concurrence de 847 $ par semaine par travailleur. Le NPD compte 17 employés à temps plein et 15 à 20 autres à temps partiel.

Les libéraux, eux, comptent entre 75 et 100 employés.

Le directeur du Parti vert, Prateek Awasthi, a pour sa part affirmé que la formation est une « organisation à but non lucratif et nous prenons au sérieux nos responsabilités pour protéger les emplois de nos employés ».

Le Bloc québécois est le seul parti représenté à la Chambre qui ne demandera pas la subvention salariale. Il s’insurge d’ailleurs du geste de ses rivaux.

« Il est inadmissible que des partis politiques, plus particulièrement les libéraux et les conservateurs, utilisent les fonds publics pour payer des salaires partisans et ainsi préserver leur cagnotte électorale », a indiqué le député Alain Therrien.

Il est difficile de chiffrer avec exactitude la baisse des dons essuyée par chaque parti politique, car les dernières données publiques disponibles couvrent le premier trimestre de 2020, qui s’arrête au 31 mars. La pandémie ne faisait alors sentir ses effets économiques que depuis deux semaines environ.

On constate néanmoins qu’au Parti libéral, les dons de 2020 se sont élevés à 2,9 millions, contre 3,9 millions pour le même trimestre en 2019, soit une diminution de 26 %. Toutefois, il faut noter que 2019 étant une année électorale, les dons étaient plus élevés que d’ordinaire.

Le Parti conservateur est la formation qui a essuyé la plus importante diminution de son financement, soit 53 %. Il a récolté 3,8 millions en 2020, contre 8 millions pour le même trimestre de 2019. Quant au NPD, il a récolté 964 000 $, contre 1,2 million en 2019, soit une baisse de 21 %. Le Parti vert a amassé 576 000 $, contre 783 000 $ en 2019, soit une diminution de 26 %.

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