Vols annulés: la pression populaire fera bouger les choses, croit le Bloc

Pour le moment, la majorité des transporteurs aériens, dont Air Canada, offrent à leurs clients un crédit voyage si leur vol a été annulé.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pour le moment, la majorité des transporteurs aériens, dont Air Canada, offrent à leurs clients un crédit voyage si leur vol a été annulé.

Le Bloc québécois compte sur la pression populaire pour que le gouvernement fédéral « courbe l’échine » et oblige les transporteurs aériens à rembourser les voyageurs dont le vol a été annulé.

Pour l’heure, tant Québec qu’Ottawa disent comprendre la frustration des clients, mais font valoir que les transporteurs n’ont tout simplement pas les fonds nécessaires pour rembourser ceux-ci.

Lors d’une conférence de presse, mercredi matin, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a attribué le blâme au gouvernement fédéral, dont le transport aérien est la responsabilité.

« Dans la mesure où les États-Unis et l’Europe ont agi dans ce sens-là, le gouvernement du Canada ne fait qu’amener davantage vers lui-même les projecteurs de ses propres turpitudes », a réagi M. Blanchet.

Aux côtés du député Xavier Barsalou-Duval, le chef bloquiste a continué de réclamer que toute aide gouvernementale aux transporteurs aériens soit conditionnelle au remboursement de leurs clients.

M. Blanchet espère que « la pression politique va devenir tellement insoutenable » qu’Ottawa n’aura pas le choix d’agir.

« Comme dans plusieurs autres dossiers, le gouvernement va peut-être devoir courber l’échine et dire : “ouain, on va être un p’tit peu obligé de les écouter, sinon la population va nous faire payer le prix du favoritisme qu’on accorde à certaines grandes entreprises” », a-t-il dit.

Pour le moment, la majorité des transporteurs offrent à leurs clients un crédit voyage si leur vol a été annulé. L’Office des transports du Canada, un tribunal quasi judiciaire indépendant, suggère que ce crédit soit valide pour les 24 prochains mois.

Option consommateurs a lancé une pétition en ligne sur le site de la Chambre des communes pour réclamer l’intervention du gouvernement fédéral dans ce dossier.

Questionné à ce sujet, mardi, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, n’avait pas grand-chose à leur offrir.

« Je comprends la frustration des gens qui auraient voulu être remboursés plutôt que d’avoir un crédit, mais il faut comprendre qu’en ce moment, nos compagnies aériennes vivent des moments très, très difficiles avec 95 % de leurs revenus qui sont disparus », a-t-il dit.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a tenu des propos semblables cette semaine.

« Il faut comprendre que les transporteurs, incluant les gros comme Air Canada puis Air Transat, ils n’ont absolument pas les fonds, actuellement, pour être capables de rembourser tout le monde », a expliqué M. Legault.

« Évidemment, mon premier choix, ça serait de rembourser, avec de l’argent, les consommateurs », a-t-il ajouté.

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