Les étudiants pourront demander leur Prestation d'urgence dès vendredi

Le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse quotidien
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse quotidien

Les étudiants qui veulent se prévaloir de la Prestation canadienne d’urgence qui leur est dédiée pourront le faire à compter de vendredi. Mais bien que les partis d’opposition et certains employeurs s’inquiètent que la PCUE encourage les étudiants à ne travailler qu’à temps partiel, Ottawa n’a pas ajusté sa prestation pour en tenir compte.

Le gouvernement de Justin Trudeau a créé la PCUE pour aider les étudiants postsecondaires qui auront de la difficulté à se trouver un emploi d’été à cause de la pandémie et qui comptent habituellement sur ces revenus pour payer leur loyer, leur épicerie mais aussi leurs frais de scolarité.

Ces étudiants pourront bientôt toucher 1250 $ par mois pendant un maximum de quatre mois, ou 2000 $ par mois pour les étudiants handicapés ou ayant une personne à charge. L’argent sera versé le temps de la relâche scolaire – donc deux mois pour les étudiants qui sortent du secondaire, trois mois pour ceux du cégep et quatre mois pour les étudiants universitaires.

Le gouvernement acceptera les demandes de PCUE à partir de vendredi. Les étudiants seront invités à faire leur demande sur une période de quatre jours, en fonction de leur date d’anniversaire. Les premiers versements de PCUE devraient être versés trois à cinq jours ouvrables plus tard.

Des compromis ignorés

Le gouvernement Trudeau avait cependant promis de modifier sa PCUE. Car puisqu’il est minoritaire, il avait dû consentir à des compromis il y a deux semaines pour faire adopter le projet de loi créant la prestation parce qu’aucun des partis d’opposition n’était prêt à l’appuyer.

Les libéraux ont donc bonifié, pour plaire au NPD, la prestation pour les étudiants handicapés ou avec une personne à charge en la faisant passer de 1750 $ à 2000 $ par mois – soit l’équivalent de la PCU pour les autres travailleurs.

Le Bloc québécois réclamait toutefois plus de flexibilité pour permettre aux étudiants de toucher davantage que 1000 $ de revenus avant de perdre complètement leur PCUE. Le Bloc déplore que ce seuil encourage les jeunes à ne pas travailler ou à ne travailler qu’à temps partiel, afin de conserver 1000 $ de revenus tout en touchant la prestation. Une préoccupation partagée par certains employeurs. Le gouvernement s’était engagé à ce que ce plafond puisse être modifié.

Or, il ne l’a pas été et la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, n’anticipe pas qu’il le soit prochainement. « Alors que nous entamons une reprise et que les provinces rouvrent leurs économies, il y a une flexibilité réglementaire pour la PCU et la PCUE afin de surveiller la situation et d’apporter des changements en conséquence au fur et à mesure qu’elle évolue. Mais je dirais qu’il est très prématuré pour moi de dire que cela s’en vient bientôt », a affirmé la ministre.

Les conservateurs s’étaient quant à eux vu promettre que la PCUE serait accompagnée d’incitatifs pour jumeler les étudiants avec des emplois dans les secteurs agricole et agroalimentaire qui peinent à recruter.

La ministre Qualtrough a indiqué que les étudiants qui feront une demande de PCUE seront redirigés vers un portail rassemblant toutes les offres d’emploi au pays. Mais ce maillage entre étudiant et emploi ne sera pas obligatoire. « On ne va pas obliger les étudiants à prendre un certain emploi », a consenti la ministre. « Mais ils doivent affirmer dans leur application qu’ils cherchent activement un travail, qu’ils ne refusent pas de travailler mais qu’ils cherchent activement un travail. »

Pas d’ingérence en CHSLD

Justin Trudeau a par ailleurs réitéré qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir dans la gestion des résidences de soins de longue durée pour aînés au pays. La grande majorité des victimes de la COVID-19 étaient des résidents de ces centres.

« Dans les mois et même les années à venir, nous allons devoir nous pencher sur la situation de nos aînés à travers le pays et améliorer les systèmes qui les appuient. Le fédéral aura son rôle à jouer. Mais nous allons le faire en collaboration et dans le respect des compétences des provinces », a insisté le premier ministre, lors de son point de presse quotidien.

Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, réclame des normes nationales pour améliorer la qualité des soins dans ces résidences.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’y oppose au nom du respect des compétences provinciales. M. Blanchet exige en revanche qu’Ottawa augmente de façon permanente les transferts fédéraux en santé pour les provinces.

M. Trudeau a également promis de ne pas se mêler des compétences provinciales en ce qui a trait au port du masque non-médical.

Alors que le premier ministre québécois François Legault recommande désormais fortement de le porter en extérieur, M. Trudeau a rejeté l’idée d’émettre une directive nationale en ce sens. « On voit très clairement que différentes régions font face à différentes réalités. L’Île-du-Prince-Édouard, par exemple, fait face à une situation extrêmement différente de celle de l’Ontario », a-t-il fait remarquer. « Nous nous devons de permettre aux autorités locales et provinciales d’établir les principes et les guides nécessaires pour leurs citoyens », a argué le premier ministre fédéral, en rappelant qu’il vaut mieux pratiquer la distanciation physique, avec ou sans masque.