Justin Trudeau n’est pas prêt à rouvrir la frontière avec les États-Unis

Ottawa veut prévenir l'entrée de nouveaux cas de COVID-19 au pays et les États-Unis peinent toujours à maîtriser la pandémie sur leur territoire.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Ottawa veut prévenir l'entrée de nouveaux cas de COVID-19 au pays et les États-Unis peinent toujours à maîtriser la pandémie sur leur territoire.

Justin Trudeau a confirmé mardi qu’il y a très peu de chances que la frontière canado-américaine soit rouverte la semaine prochaine. Car son gouvernement veut prévenir que des nouveaux cas de COVID-19 rentrent au pays depuis l’étranger et les États-Unis peinent toujours à maîtriser la pandémie sur leur territoire.

La frontière entre le Canada et les États-Unis est fermée à tout voyage non-essentiel depuis le 21 mars. Ce premier interdit d’un mois avait été prolongé le 21 avril et doit venir à échéance jeudi prochain, le 21 mai. « Notre priorité doit demeurer de maintenir les Canadiens en sécurité », a fait valoir le premier ministre mardi, en indiquant qu’il en aurait plus à dire sur ce sujet « dans les jours à venir ».

Mais déjà, M. Trudeau a statué que le Canada s’acharne pour l’instant à contrôler la propagation du coronavirus sur son territoire, en aplatissant la courbe épidémiologique et en réduisant « massivement » le nombre de cas de malades. Pour ce faire, la reprise économique et le déconfinement doivent être graduels.

« À partir de ce moment-là, on va être vulnérables à l’arrivée de cas à l’extérieur du Canada », a-t-il argué. « Prévenir une transmission de l’extérieur du Canada vers l’intérieur du Canada, une fois que nous aurons contrôlé la propagation au pays, ce sera un élément essentiel pour s’assurer que nous ne retombions pas dans une deuxième vague qui pourrait être aussi grave ou encore pire que celle que l’on vit présentement. Alors nous allons faire très, très attention de ne pas rouvrir nos frontières aux voyages internationaux, y compris avec les États-Unis, avant d’estimer que c’est le bon moment. »

Les premiers ministres de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, Doug Ford et John Horgan, ont réclamé que la frontière avec les États-Unis reste fermée.

Les États-Unis posent un risque

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada est même allée plus loin que le premier ministre fédéral, en statuant qu’à l’heure actuelle les États-Unis sont encore trop dangereux pour le Canada.

La Dre Theresa Tam a fait valoir qu’à son avis, en tant que scientifique, tout déconfinement doit se faire avec une « extrême prudence ». Et ce, tant en ce qui a trait au relâchement des mesures domestiques que celles prévues pour l’internationale.

« Puisque les États-Unis sont l’un des pays où il y a encore des cas et qu’ils tentent encore de gérer des éclosions, ils présentent un risque pour le Canada. Alors nous devons en tenir compte », a affirmé la Dre Tam.

Le Canada exige que tout voyageur de retour au pays se mette en isolement pendant 14 jours. Les autorités s’assurent qu’ils ont un plan de quarantaine adéquat et font par la suite des suivis pour s’assurer que l’isolement obligatoire soit respecté.

Or, avant même d’augmenter le nombre d’entrées au pays, il faut s’assurer que les autorités de la santé publiques aient la capacité de mener ces vérifications, de dépister tous nouveaux cas de COVID-19 et de retracer les contacts de ces personnes infectées, a expliqué la Dre Tam. « Il faudra le surveiller très attentivement pour s’assurer que cela ne surcharge pas la santé publique », a-t-elle insisté.

La vice-première ministre Chrystia Freeland avait reconnu, lundi, que le trafic entre les États-Unis et le Canada augmentera inévitablement au fil de la reprise économique des deux pays.

« Même sans un seul changement aux restrictions frontalières du Canada, nous allons voir davantage de déplacements à la frontière. Nous allons voir plus de Canadiens qui décident de faire des allers-retours et plus d’activités pour les entreprises, ce qui se traduira par davantage de voyages essentiels », a indiqué Mme Freeland. « Et cela veut dire que le gouvernement fédéral devra en faire encore plus à tous nos postes frontaliers pour garder les Canadiens en sécurité et nous travaillons là-dessus. »

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