Ottawa crée un Crédit d’urgence pour les grands employeurs

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a souligné que ces prêts serviront aux entreprises aériennes et au secteur énergétique.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a souligné que ces prêts serviront aux entreprises aériennes et au secteur énergétique.

Le gouvernement fédéral offre une nouvelle aide aux entreprises pour leur permettre de traverser la crise de la COVID-19 sans trop de dégâts. Cette fois, il s’agit du Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE).

L’aide vient avec un avertissement du premier ministre Justin Trudeau. « Il s’agit d’un financement de transition, pas d’un chèque en blanc », a lancé le premier ministre lundi avant-midi.

Ce sont seulement les entreprises ayant des revenus de 300 millions $ ou plus qui pourront bénéficier de ce crédit.

En annonçant la mesure, à Toronto, le ministre fédéral des Finances Bill Morneau a souligné que ces prêts serviront aux entreprises aériennes et au secteur énergétique, deux secteurs qui espéraient un plan d’aide spécifique de la part d’Ottawa.

« C’est pour tous les secteurs. Ça veut dire (que) pour les compagnies comme Air Canada ou WesJet, ça va être très important. Pour les compagnies dans le secteur de l’énergie, ça va être important », a déclaré M. Morneau au cours d’une conférence de presse, lundi matin.

Et comme il s’agit là de garanties de prêts, le ministre Morneau était incapable d’estimer le coût de la mesure.

Ottawa espère que ce crédit pourra éviter la faillite aux grandes entreprises canadiennes. Mais celles qui seront déjà engagées dans des procédures d’insolvabilité n’y auront pas accès.

Le secteur financier est exclu de la mesure. Certaines entreprises sans but lucratif, comme les aéroports, y auront droit.

Les entreprises admissibles doivent demander un financement de 60 millions $ ou plus pour obtenir ce crédit d’urgence.

« Nous protégerons les contribuables en mettant en place des limites strictes sur la rémunération des dirigeants […]. Les entreprises ne pourront pas obtenir ce financement si elles ont été reconnues coupables d’évasion fiscale », a promis le ministre Morneau.

« Il y aura des limites fermes pour les dividendes, les rachats d’actions et la rémunération des dirigeants. Pour contrer l’évitement fiscal et l’évasion fiscale, les entreprises devront partager avec nous leur structure financière complète lorsqu’elles présentent une demande pour obtenir du financement », a renchéri M. Trudeau quelques minutes plus tard, en point de presse devant la porte de sa résidence.

Ottawa exige aussi que les entreprises qui profitent de ce crédit respectent les objectifs gouvernementaux en matière d’environnement et de climat, ce qui pourrait mettre en doute l’accès des entreprises pétrolières canadiennes à ce CUGE.

Le chef conservateur Andrew Scheer n’a pas tardé à exprimer son inquiétude pour le secteur pétrolier, déclarant qu’il lui faut plus que ce crédit. Du côté des néodémocrates, on reproche plutôt à la nouvelle mesure de ne pas exclure toutes les compagnies qui utilisent des paradis fiscaux.

Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) serait offerte pour une plus longue période que prévu. Il n’était pas prêt, la semaine dernière, à donner plus de détails.

Cette subvention, qui fournit 75 % du salaire des employés, mais avec un plafond de 847 $ par semaine payés par Ottawa, devait initialement prendre fin le 6 juin.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 1,09 million de tests administrés au Canada jusqu’à vendredi. Environ 6 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 69 157 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 4907 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux : 37 721 cas au Québec, dont 2928 décès ; 20 546 cas en Ontario, dont 1669 décès ; 6253 cas en Alberta, dont 117 décès ; 2330 cas en Colombie-Britannique, dont 129 décès ; 1019 cas en Nouvelle-Écosse, dont 48 décès ; 564 cas en Saskatchewan, dont six décès ; 287 cas au Manitoba, dont sept décès ; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès ; 120 cas au Nouveau-Brunswick, dont 118 guéris ; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris ; 11 cas au Yukon, tous guéris ; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris ; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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