Bientôt 1350 soldats à Montréal

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, s’est défendu d’avoir mis trop de temps à déployer des soldats au Québec, qui peine à contrôler les ravages de la pandémie dans leurs résidences pour personnes âgées.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, s’est défendu d’avoir mis trop de temps à déployer des soldats au Québec, qui peine à contrôler les ravages de la pandémie dans leurs résidences pour personnes âgées.

Dix jours après la demande de renforts du Québec, plus de 1000 soldats canadiens sont maintenant déployés pour prêter main-forte dans les CHSLD de la province. Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, s’est défendu d’avoir tardé à répondre à la requête de François Legault, qui s’était plaint en début de semaine de ne pas encore compter suffisamment de militaires sur le terrain.

Le ministre Sajjan a annoncé jeudi que plus de 1020 soldats ont maintenant été dépêchés dans 20 centres de soins de longue durée de la région de Montréal. De ce nombre, ils ne sont cependant que 670 à œuvrer à l’intérieur des CHSLD, tandis que les 350 autres offrent un soutien logistique en assurant notamment la livraison d’équipement de protection personnel ou médical et en assurant la liaison avec le gouvernement québécois.

Le premier ministre québécois, François Legault, avait réclamé le 22 avril l’aide de « bras » et l’envoi de 1000 soldats. Le gouvernement québécois a revu sa demande à la hausse, depuis, ce qui fait que davantage de soldats seront dépêchés dans cinq centres supplémentaires de la métropole d’ici lundi, pour un total de 1350 soldats qui se trouveront alors sur le terrain. Ce nombre inclut le premier déploiement de 130 soldats qui avaient été envoyés dans cinq CHSLD de la région de Montréal, à la mi-avril. Les militaires ne se déplaceront pas d’un CHSLD à l’autre, mais seront assignés à un seul centre de soins de longue durée.

Du côté de l’Ontario, qui a lui aussi appelé l’armée en renfort, 265 soldats donnent leur appui dans cinq centres de soins de longue durée de banlieues de Toronto.

Le ministre Sajjan s’est défendu d’avoir mis trop de temps à déployer ces soldats dans les deux provinces, qui peinent à contrôler les ravages de la pandémie dans leurs résidences pour personnes âgées.

Les membres des Forces armées devaient suivre une formation d’environ cinq jours, a noté le ministre. Et bien que l’armée compte 2400 professionnels médicaux, ceux-ci doivent aussi pouvoir aider le reste du pays, a-t-il fait valoir, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas simplement être tous dépêchés au Québec ou en Ontario. « Le plan que nous mettons en place doit aussi assurer que nous pouvons répondre à différentes urgences aux quatre coins du pays et on se prépare à tout, en passant des feux de forêt aux inondations. Et je suis encore très préoccupé par les communautés nordiques », a expliqué M. Sajjan.

« Nous procédons aussi rapidement que possible et dans autant de résidences que possible, afin d’offrir le soutien dont le Québec a besoin », a-t-il insisté.

Le ministre n’a toutefois pas précisé si d’autres soldats sont déjà en formation, afin de se préparer à de possibles nouvelles demandes provinciales.

Les soldats canadiens se relaient sur le terrain 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Le personnel médical aide aux soins de santé ou aux soins intimes des résidents. La majorité des troupes est cependant composée de personnel de soutien, qui effectue les tâches habituellement confiées aux préposés aux bénéficiaires.

Le personnel médical des Forces canadiennes s’occupe normalement des soins de santé offerts aux militaires de l’armée. Ils ont été réaffectés pour répondre à la pandémie, a relaté le ministre Sajjan. Les bases canadiennes ne comptent plus qu’un nombre minimal de personnel médical, les autres ayant été mis en charge d’offrir une formation médicale aux soldats qui sont envoyés au Québec.

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