Le projet de loi sur la PCU pour étudiants est adopté à Ottawa

Il faut unanimité des parlementaires pour une adoption le jour même du projet de loi. Or, les élus ne s’entendent pas sur la dernière version proposée par le gouvernement.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Il faut unanimité des parlementaires pour une adoption le jour même du projet de loi. Or, les élus ne s’entendent pas sur la dernière version proposée par le gouvernement.

Le projet de loi C-15 qui met en place la prestation canadienne d’urgence pour étudiants a été adopté mercredi par la Chambre des communes.

Cette PCUE assurera 1250 $ par mois, pendant quatre mois, de mai à août, aux étudiants qui ne trouvent pas d’emploi d’été. L’aide sera rétroactive à compter du 1er mai.

Les députés ont offert leur appui unanime pour une adoption rapide du projet de loi, moyennant quelques changements.

Ainsi, la PCUE sera augmentée à 2000 $ par mois, plutôt que les 1750 $ prévus, pour les étudiants qui ont un handicap ou qui ont des personnes à charge. Il s’agissait d’une demande du Nouveau Parti démocratique, qui en faisait une condition à son appui.

Conservateurs et bloquistes se sont inquiétés de voir la PCUE pousser les étudiants à ne pas travailler alors que certains secteurs, comme l’agriculture, craignent un manque de main-d’œuvre cet été.

Les conservateurs disent avoir obtenu une garantie que les étudiants qui bénéficieront de la prestation seront mis en lien avec des employeurs de leur région pour les inciter à travailler.

Les bloquistes souhaitaient pour leur part que la prestation étudiante soit modulée en fonction du nombre d’heures travaillées, mais cette option sera davantage étudiée par le gouvernement.

En contrepartie, ils ont obtenu une promesse d’améliorer le sort des aînés en augmentant les prestations de la Sécurité de la vieillesse ou les Suppléments de revenu garanti.

Le comité fédéral sur l’agriculture va aussi se réunir de façon virtuelle dorénavant, portant le nombre de comités actifs à huit.

Le Sénat a été convoqué pour siéger à son tour le vendredi 1er mai à compter de midi. Le projet de loi devrait donc être adopté rapidement et recevoir la sanction royale d’ici la fin de la semaine.

Période de questions

Le premier ministre Justin Trudeau a été pressé de questions aux Communes pour clarifier ses propos sur l’aide aux entreprises qui bénéficient de paradis fiscaux.

La veille, lors de la séance virtuelle, il avait laissé entendre que celles qui pratiquent l’évitement ou l’évasion fiscale ne pourraient pas bénéficier des programmes d’aide gouvernementale en temps de pandémie.

Mercredi, le premier ministre a semblé reculer sur ses propos.

« Nous prenons des mesures sans précédent avec l’objectif d’aider les travailleurs canadiens à garder leur emploi et les appuyer pendant cette période difficile. Un processus de vérification a été mis en place pour les demandes extraordinaires ou inhabituelles », a dit M. Trudeau.

« Et, parallèlement, la lutte contre l’évasion fiscale continue d’être une priorité », a-t-il ajouté.

Devant l’insistance du chef bloquiste Yves-François Blanchet, il a confirmé que rien, dans les faits, ne va changer pendant la crise.

« On va toujours continuer d’être très sévères sur ceux qui ne paient pas leur juste part d’impôts », a déclaré M. Trudeau.

La vice-première ministre, Chrystia Freeland, a eu à défendre l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui devrait entrer en vigueur le 1er juillet.

Le conservateur Jacques Gourde s’est fait l’écho du leader de l’opposition conservatrice au Sénat, Don Plett. Ce dernier soutient que les producteurs et transformateurs laitiers risquent de perdre plus de 100 millions $ à cette date.

Mme Freeland soutient qu’en pleine crise économique, l’entrée en vigueur de l’ACEUM est une « bonne nouvelle pour notre pays ».

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