L’immunité de groupe n’est pas prouvée, dit Justin Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse quotidien
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau lors de son point de presse quotidien

Justin Trudeau promet de ne pas se mêler des plans de déconfinement des provinces. Mais le premier ministre les a prévenues du même souffle qu’il faudra faire « très attention » en relançant leur économie, car le principe d’immunité de groupe évoquée par François Legault n’a pas été prouvé.

Le gouvernement québécois a dévoilé cet après-midi son plan de réouverture des écoles. François Legault a expliqué vouloir aller de l’avant afin de développer une « immunité naturelle » au sein de la société québécoise.

Or, Justin Trudeau rejette le concept. « Il y a encore beaucoup de questions au niveau de l’immunité de groupe ou l’immunité individuelle. Ce n’est pas certain encore que quelqu’un qui a eu le virus ne peut pas rattraper le virus encore quelques mois plus tard. C’est un virus trop nouveau pour avoir toutes ces informations », a fait valoir le premier ministre fédéral lors de son point de presse quotidien, lundi.

« Alors ce ne serait pas prudent de baser nos réflexions sur cette idée d’immunité quand on ne sait pas que c’est une réalité encore », a-t-il insisté.

M. Trudeau a invité les provinces à faire « très attention dans les étapes de réouverture de l’économie ». Autrement, « si on fait une erreur », le Canada risque une « énorme » deuxième vague qui serait « dévastatrice non seulement pour notre économie, mais pour les citoyens qui auront tant sacrifié ces dernières semaines pour rien ».

Malgré ses réserves, M. Trudeau a assuré qu’il n’interviendra pas pour superviser les plans de déconfinement des provinces, qui commencent peu à peu à annoncer un relâchement des mesures de confinement sur leurs territoires.

« Ce n’est pas au gouvernement fédéral d’approuver des mesures qui sont dans les compétences des provinces. Nous sommes une fédération et nous respectons l’autorité des provinces de prendre les décisions appropriées pour leurs citoyens », a-t-il assuré.

Ottawa est en train de finaliser des lignes directrices pancanadiennes qui guideront le déconfinement. Mais celles-ci sont élaborées en partenariat avec les provinces, qui s’en inspirent déjà pour leurs plans de reprise économique, a insisté M. Trudeau. « La réflexion entourant l’élaboration de ces lignes directrices partagées avec les provinces influence déjà leurs décisions quant à leurs plans de déconfinement. »

Le gouvernement fédéral espère les dévoiler dans les prochains jours. Ces lignes directrices ne portent pas sur l’échéancier précis de déconfinement que devraient suivre les provinces, mais plutôt sur des paramètres généraux qui devraient guider la relance dans certaines industries, par exemple, ou sur l’ampleur du dépistage que devraient assurer les provinces pour éviter une deuxième vague de propagation de la COVID-19.

Déconfinements entamés dans le ROC

Le Québec a présenté lundi après-midi son plan de réouverture des écoles, tandis que l’Ontario présentera son plan de déconfinement plus général pour la province.

D’autres ont déjà commencé à lever les mesures de confinement sur leur territoire.

Le Nouveau-Brunswick a entamé son déconfinement vendredi dernier. Les familles de la province ont désormais le droit de socialiser avec une seule autre unité familiale — mais il faudra que ce soit toujours la même. Le covoiturage à deux est permis — si le passager s’assoit sur la banquette arrière —, les parcs et terrain de golf sont rouverts — mais il faut y conserver une distance de deux mètres —, et les services religieux sont autorisés à l'extérieur — à condition que les fidèles restent dans leur voiture, stationnée à deux mètres de distance des autres.

Le Nouveau-Brunswick envisage de relâcher davantage ses mesures de confinement dans deux à quatre semaines, si tout se passe bien. La prochaine étape sera de rouvrir les commerces et les entreprises, puis d’assouplir les consignes de distanciation physique. Mais pour l’instant, la province ne prévoit pas permettre de grands rassemblements d’ici la fin de l’année 2020.

Du côté de la Saskatchewan, le début du déconfinement débutera lundi prochain, le 4 mai, lorsque certains services médicaux pourront reprendre leurs opérations normales — comme les cabinets de dentistes, les optométristes, les physiothérapeutes. Suivront la réouverture des terrains de golf le 15 mai, puis des magasins de vêtements, d’articles de sport, de jouets, ainsi que les librairies et les fleuristes le 19 mai. Les salons de coiffure, de massage ou d’acupuncture pourront aussi reprendre leurs activités, mais les employés qui y travaillent directement avec les clients devront porter un masque. Et tout au long de ce déconfinement graduel, les rassemblements ne pourront pas dépasser dix personnes.

La province rouvrira par la suite les restaurants, les garderies et les salles de sport — à une date qui n’a pas encore été fixée —, puis finalement les salles de spectacle et de cinéma — la date n’a pas non plus encore été établie.

Dans ces deux provinces, le nombre de cas de COVID-19 est très faible. Le Nouveau-Brunswick n’a recensé que 118 cas et aucun décès, tandis que la Saskatchewan compte 353 cas et 4 décès. La courbe épidémiologique semble avoir commencé à s’y aplatir dans les deux cas.

À titre de comparaison, le Québec comptait 24 107 cas de COVID-19 en date de dimanche et 1515 décès; l’Ontario, 14 856 cas et 892 décès.

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