Un Parlement en format réduit pour Pâques

Les travaux à la Chambre des communes sont ajournés depuis le 13 mars dernier.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Les travaux à la Chambre des communes sont ajournés depuis le 13 mars dernier.

Congé de Pâques ou pas, une poignée de parlementaires fédéraux devront siéger en fin de semaine pour adopter le projet de loi mettant en œuvre la subvention salariale de 75 % destinée aux entreprises. Mais le différend entre le gouvernement et l’opposition conservatrice à propos du fonctionnement futur de la Chambre des communes en contexte de pandémie demeure, lui, entier.

Un nombre restreint de députés devront se rendre à Ottawa samedi midi pour débattre, puis voter le C-14. Au cours des derniers jours, les partis politiques négociaient non seulement le contenu de ce projet de loi, mais certaines conditions à leur appui.

Le Parti conservateur, notamment, exigeait en retour que la Chambre des communes recommence à siéger en personne quoiqu’avec un nombre réduit de députés — quatre jours par semaine. Un terrain d’entente n’avait toujours pas été trouvé jeudi quand l’avis de convocation du Parlement a été envoyé, mais les libéraux pensaient possible que tout se règle d’ici samedi.

Les libéraux sont d’accord avec les conservateurs pour convenir que le Parlement devrait recommencer à siéger pendant la pandémie, mais de manière virtuelle. Ils ont demandé à l’administration de la Chambre des suggestions sur la meilleure façon de procéder. Cette dernière a répondu mercredi soir qu’il lui faudrait environ quatre semaines pour instaurer des mécanismes virtuels.

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Délai trop long, selon Scheer

C’est justement parce qu’il trouve ce délai trop long que le chef conservateur, Andrew Scheer, réclame des séances en personne. « On a besoin du Parlement aujourd’hui, on a besoin de la transparence aujourd’hui, a-t-il plaidé. On ne peut pas attendre que l’administration de la Chambre des communes trouve de nouvelles façons. »

M. Trudeau trouve au contraire que cela serait irresponsable parce que cela mettrait en danger la santé d’un grand nombre d’employés de soutien.

« Quand on se rassemble, même en nombre réduit, il y a des gardiens de sécurité, des gens qui travaillent dans l’édifice qui doivent être là pour nous appuyer, et on veut minimiser ces impacts-là », a plaidé le premier ministre.

En coulisses, le gouvernement indique qu’il serait prêt à faire siéger en personne la Chambre d’ici à ce que le fonctionnement virtuel soit mis en place, mais beaucoup moins souvent que les quatre jours par semaine réclamés par les conservateurs.

Il y a deux semaines, quand un premier projet de loi pour verser de l’aide aux Canadiens a été voté, la Chambre des communes a siégé avec 32 députés. Les partis avaient été encouragés à dépêcher les élus pouvant se rendre en voiture à Ottawa. Les conservateurs avaient toutefois insisté pour que leur chef et leur leader en Chambre, habitant respectivement en Saskatchewan et au Manitoba, y soient. Le gouvernement avait donc dû envoyer un Cesna de Transport Canada pour aller les chercher.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et celui du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’étaient déplacés en voiture.