Ottawa conseille finalement de porter un masque

Francine Ouellette, une lectrice du «Devoir» du Nouveau-Rosemont, discute avec son voisin Michel Gendron. Mme Ouellette s'est lancée dans la fabrication de masques maison. Elle les distribue à ses voisins et ses amis.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Francine Ouellette, une lectrice du «Devoir» du Nouveau-Rosemont, discute avec son voisin Michel Gendron. Mme Ouellette s'est lancée dans la fabrication de masques maison. Elle les distribue à ses voisins et ses amis.

La santé publique du Canada reconnaît maintenant qu’il peut être souhaitable que les Canadiens portent un masque non médical lorsqu’ils sortent de chez eux. Car dans certains cas, des personnes atteintes du coronavirus se sont avérées contagieuses avant de présenter des symptômes ou encore sans en présenter du tout.

La consigne n’est pas universelle : l’administratrice en chef de la santé publique, la Dre Theresa Tam, conseille simplement de se masquer le visage lorsque la distanciation physique est impossible — dans l’autobus ou à l’épicerie par exemple. Ces masques ne doivent pas être des masques chirurgicaux, puisque ceux-ci doivent être réservés au personnel de la santé, qui en manque.

L’objectif est de protéger davantage les autres des gouttelettes que l’on pourrait propager sans se savoir malade. Le masque non médical ne protège pas celui qui le porte. « C’est une façon de plus de protéger les autres », a expliqué le sous-administrateur de la santé publique, le Dr Howard Njoo.

Pourtant, depuis trois semaines, la Dre Tam et son équipe refusaient d’emboîter le pas à ceux qui recommandaient déjà le port du masque à l’extérieur. La Dre Tam a fait valoir lundi que de récentes études démontrent que des personnes infectées du coronavirus ont bel et bien une charge virale élevée juste avant de développer des symptômes de la COVID-19.

Ces études n’ont pas encore établi le niveau de risque de transmission. Mais la santé publique juge « raisonnable » de conseiller le port d’un masque non médical en guise de mesure de protection supplémentaire pour autrui lorsqu’il est impossible de garder ses distances.

Masques bloqués à la frontière

Ce changement de cap survient alors que le Canada peine de plus en plus à regarnir ses stocks d’équipement de protection personnelle pour garantir que le milieu de la santé dispose de ce dont il a besoin.

La semaine dernière, les États-Unis ont adopté un décret ordonnant la fin des exportations de masques N95 par l’entreprise américaine 3M — un fournisseur important de ce type de masques au Canada.

Ottawa négociait depuis avec Washington pour obtenir une exemption de ce décret pour le Canada. En fin de soirée lundi, la compagnie a annoncé avoir obtenu cette exemption.

Le gouvernement de Donald Trump s’inquiétait de manquer de masques aux États-Unis, durement frappés par la COVID-19.

L’entreprise 3M a annoncé lundi soir un plan qui lui permettra de rapatrier 166,5 millions de masques depuis ses usines à l’étranger pour répondre aux besoins américains. « Le plan permettra aussi à 3M de continuer d’envoyer ses masques produits aux États-Unis au Canada et en Amérique latine, où 3M est une source principale d’approvisionnement », a indiqué la compagnie.

En début de journée, le premier ministre ontarien, Doug Ford, avait déploré que la livraison de trois millions de masques N95 de chez 3M ait été interceptée à la frontière par les autorités américaines. Il avait finalement réussi à obtenir la garantie que 500 000 de ces masques lui seraient acheminés comme prévu. L’Ontario craint une pénurie de masques d’ici peu, comme le Québec.

Le bureau de M. Trudeau a qualifié la déclaration de 3M d’« encourageante ». « Les discussions se poursuivent », a-t-on commenté au sujet du décret plus général du président Trump.

3 commentaires
  • Samuel Prévert - Inscrit 7 avril 2020 07 h 19

    Et, on les trouve où ces fameux masques?

  • Jacques Houpert - Abonné 7 avril 2020 14 h 20

    Mauvais titre

    Le titre de l'article porte à confusion. La consigne relative au port du masque n'est pas universelle, elle vaut "lorsque la distanciation physique est impossible".
    D'autre part, je trouve malheureux qu'Ottawa se mêle de donner des consignes pan-canadiennes alors que la situation varie d'une province à l'autre. Ottawa et Québec doivent éviter de donner l'impression que Mme Tam et M. Arruda se marchent sur les pieds. Je dis bien "donne l'impression" car ce n'est pas présentement le cas. Les deux disent la même chose en ce qui a trait au masque. À cet égard, votre titre pourrait être mal interprété.
    Pas facile, même au Devoir, de faire son métier de journaliste.

  • Christian Montmarquette - Abonné 8 avril 2020 09 h 00

    La Santé publique juge « raisonnable » de conseiller le port d’un masque non médical


    Ça fait pourtant "DES JOURS" que je réclame la généralisation d'un port de masques-maison pour l'ensemble de la société et que je me fais traiter de farfelu par certains béni-oui-oui, du tandem Legault-Arruda qui commentent dans ce journal.

    Ce n'est pourtant pas bien compliqué à comprendre que lorsqu'on ajoute une barrière de plus aux virus et aux gouttelettes qui les véhiculent, on augmente la protection de tout le monde. Surtout avec 25% de porteurs asymptomatiques qui se baladent à ciel ouvert dans les épiceries et autres lieux publics.

    https://twitter.com/ODILEderaies/status/1246853131864072192