Les députés fédéraux siègeront par téléphone ou vidéoconférence

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau

La pandémie de COVID-19 n’aura pas longtemps raison du Parlement. Le jeu politique demande à reprendre ses droits, et les partis à Ottawa travaillent sur un moyen de continuer à faire vivre, du moins virtuellement, la Chambre des communes.

Ainsi, non seulement le Parlement sera à nouveau convoqué (en version réduite) pour faire voter un autre volet du plan d’aide d’Ottawa, mais il pourrait siéger dorénavant par téléphone ou vidéoconférence.

« Il y a bien des parlementaires à travers le pays qui se sont fait élire pour représenter leur communauté et qui ne peuvent pas venir au Parlement dans cette situation particulière, a expliqué le premier ministre, Justin Trudeau. C’est pour cela qu’on est en train de regarder de façon très sérieuse les façons de rassembler le Parlement de façon virtuelle. »

Les ministres fédéraux n’ont-ils pas mieux à faire pendant la pandémie que de répondre aux questions de l’opposition ? Non, réplique M. Trudeau.

« Il est plus important qu’en temps normal qu’on ait une démocratie forte et des institutions fortes dans un moment de crise. »

Réaction de Scheer

Le chef de l’opposition officielle, Andrew Scheer, aime l’idée, mais ne la trouve pas suffisante. Selon lui, le Parlement devrait aussi siéger plus régulièrement en personne.

« Le meilleur endroit pour avoir de la transparence et ces sessions de responsabilisation, c’est dans la Chambre des communes, a plaidé le chef conservateur lundi. Nous avons déjà montré qu’on peut avoir un groupe réduit de députés qui suivent les consignes de santé publique tout en remplissant leurs responsabilités de députés. D’autres législatures à travers le pays trouvent des moyens de maintenir les séances. »

En fait, seule l’Alberta a maintenu ses travaux parlementaires. Les Parlements des neuf autres provinces ont interrompu les leurs.

Aider les laissés-pour-compte

D’ici à ce qu’une formule permanente soit trouvée, le Parlement sera convoqué — dès cette semaine, aimerait le gouvernement — pour faire voter la Subvention salariale d’urgence. Ce programme de 71 milliards de dollars assumera 75 % du salaire des travailleurs, jusqu’à concurrence de 847 $ par semaine, dans l’espoir que les entreprises ne les congédient pas pendant la pandémie.

Le gouvernement a été incapable, dans l’immédiat, d’indiquer s’il devra par la même occasion faire voter les bonifications à venir de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), cette allocation mensuelle de 2000 $ pour toute personne ayant perdu ses revenus. Lundi, le gouvernement a confirmé qu’il en modifierait les critères d’admissibilité afin de permettre aux personnes touchant des revenus sporadiques d’y être aussi admissibles.

« Si vous travaillez moins d’heures qu’avant, soit 10 heures ou moins par semaine, nous annoncerons bientôt comment vous pourrez vous qualifier. Cela s’adresse aux gens à contrats ou encore aux pompiers volontaires », a expliqué M. Trudeau. Plusieurs petites municipalités craignaient de perdre leurs pompiers parce que ceux ayant perdu leur emploi permanent n’auraient pas obtenu de PCU s’ils acceptaient de combattre un incendie.

De même, Ottawa proposera sous peu un moyen d’aider les étudiants qui seront incapables de se trouver un emploi d’été et d’encourager les personnes occupant un emploi essentiel mal rémunéré à demeurer en poste. Comme la PCU représente 40 heures par semaine au salaire minimum, il pourrait autrement être tentant de ne plus travailler.