L’armée prête à venir en aide aux communautés, villes et provinces qui le demandent

Jusqu’à 24 000 membres des forces régulières et réservistes sont disponibles si nécessaire.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Jusqu’à 24 000 membres des forces régulières et réservistes sont disponibles si nécessaire.

L’armée canadienne se tient prête à venir en renfort aux communautés ou aux provinces qui pourraient avoir besoin d’aide pour gérer l’épidémie de COVID-19. Jusqu’à 24 000 membres des forces régulières et réservistes sont disponibles si nécessaire.

Le ministre de la Défense Harjit Sajjan a indiqué lundi avoir mandaté les Forces canadiennes à se préparer afin de pouvoir participer aux efforts visant à contrôler la propagation de coronavirus, de même qu’à aider les communautés vulnérables, les villes et les provinces qui pourraient en faire la demande. Un tel déploiement se ferait sans pour autant menacer la capacité de l’armée à prêter main-forte s’il y a des inondations printanières ou des feux de forêt comme ce fut le cas ces dernières années, a assuré le ministre.

Justin Trudeau a affirmé qu’Ottawa n’en était pas encore là mais que l’armée s’y prépare au cas où.

« Pour l’instant, le gouvernement fédéral n’a reçu aucune demande d’intervention de la part des provinces ou des territoires », a rapporté le premier ministre. « Mais si ça devait changer, les Forces armées seraient prêtes à répondre à l’appel comme elles l’ont fait tout au long de notre histoire, que ce soit pour acheminer du matériel médical ou protéger vos maisons durant la saison des inondations ou des feux de forêt. »

Certains ont cependant déjà évoqué une possible demande d’aide de l’armée. La Première nation Long Point, en Abitibi, a déclaré l’état d’urgence dimanche. La communauté estime que le nombre d’agents de la Sûreté du Québec disponible pour la communauté est « nettement insuffisant » pour lui garantir un contrôle serré des entrées qu’elle souhaite limiter sur son territoire. Son chef Steeve Mathias a donc réclamé, dans un communiqué de presse publié lundi, l’envoi de davantage d’agents de la SQ ou celle d’agents de la Gendarmerie royale, « voire les Forces armées canadiennes ».

Le ministre Sajjan a répondu être « en contact avec plusieurs communautés isolées, particulièrement des communautés autochtones ». « Nous prenons chaque requête très au sérieux », a-t-il argué.

Ajustements à l’étranger

La pandémie de COVID-19 a en outre obligé les forces armées à revoir certains de leurs déploiements à l’internationale. « Nous faisons des ajustements mineurs à cause de la COVID-19 », a révélé le ministre Sajjan.

Les missions d’entraînement en Irak et en Ukraine, par exemple, ne peuvent plus se poursuivre comme prévu puisque les forces locales sont trop occupées à combattre le nouveau coronavirus dans leur pays.

Une part des militaires déployés en Irak dans le cadre de l’Opération Impact a ainsi été rapatriée au quartier général de la mission au Koweït (la Défense n’a pas voulu préciser leur nombre). Quant à l’Opération Unifier en Ukraine, plutôt que de remplacer la totalité des 200 militaires qui reviendront au pays au début du mois d’avril la Défense n’en renverra que 60 pour poursuivre les activités essentielles de la mission.

Deux navires militaires, le NCSM Shawinigan et le NCSM Glace Bay, reviendront par ailleurs plus tôt que prévu à la mi-avril d’Afrique de l’Ouest, où ils menaient des opérations de sécurité maritime. Et les navires NCSM Nanaimo et NCSM Whitehorse abrogeront leur Opération Caribbe –qui vise à intercepter le trafic illicite du crime organisé dans la mer des Caraïbes– pour revenir au Canada début avril plutôt qu’à la mi-mai.

Avec Hélène Buzzetti