Le général Jonathan Vance ne songe pas à partir des Forces armées

Le général Jonathan Vance, nommé il y a cinq ans au poste de chef d’état-major de la Défense, est l’un des commandants en chef comptant la plus longue ancienneté dans l’histoire du pays.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le général Jonathan Vance, nommé il y a cinq ans au poste de chef d’état-major de la Défense, est l’un des commandants en chef comptant la plus longue ancienneté dans l’histoire du pays.

Le général Jonathan Vance dit qu’il lui reste encore beaucoup de travail à faire. Il y aura bientôt cinq ans que l’ancien premier ministre du Canada Stephen Harper l’a nommé au poste de chef d’état-major de la Défense, faisant de lui l’un des commandants en chef comptant la plus longue ancienneté dans l’histoire du pays.

Les années subséquentes ont été occupées pour les Forces armées canadiennes, qui ont combattu l’État islamique, déployé des troupes en Lettonie pour protéger ce pays balte de la Russie, secouru des Casques bleus blessés au Mali et aidé les Canadiens faisant face à des désastres naturels au pays.

Les Forces armées canadiennes ont aussi connu des problèmes d’inconduite sexuelle, d’équipement vieillissant, incluant des avions de chasse, ainsi que des bouleversements d’importance dans la foulée de l’affaire entourant le vice-amiral Mark Norman, blanchi des accusations qui avaient été déposées contre lui.

À travers toutes ces péripéties, le général Vance s’est avéré l’un des rares éléments de stabilité et a su affronter les critiques. Le gouvernement libéral a manifesté sa confiance en lui et des rumeurs persistantes laissent croire qu’il envisage de soumettre sa candidature à l’OTAN l’automne prochain.

Le général Vance n’a pas l’intention de se prononcer sur ces rumeurs et assure qu’il n’envisage nullement de quitter ses fonctions à titre de chef d’état-major des Forces armées canadiennes. « Je suis en poste au gré du gouvernement et je vais continuer de le servir au meilleur de mes capacités », a déclaré le militaire de 56 ans lors d’une entrevue accordée à La Presse canadienne.

« Nous faisons face à une pandémie, nous avons des troupes outre-mer et il existe une institution dont je veux assurer la compétence pour participer à une guerre aussi longtemps que possible au XXIe siècle. Voilà ce sur quoi je me concentre. »

Le premier mandat du général Vance à titre de chef d’état-major des Forces armées canadiennes, en 2015, a été de lancer l’opération Honour, dont l’objectif était d’éliminer l’inconduite sexuelle au sein de l’armée canadienne.

Il s’agissait d’une tentative pour réduire les dégâts causés par des propos peu avisés de Tom Lawson, son prédécesseur, au sujet de la « programmation biologique » et restaurer la crédibilité des Forces armées dans un dossier qui aurait pu faire tourner l’opinion publique contre elles.

Il s’agissait aussi d’un premier stratagème visant à attirer et à garder des gens d’origines différentes, dotés de connaissances et d’habiletés pour faire face à la réalité de la guerre au XXIe siècle et aux transformations démographiques au Canada. Le général Vance s’est fixé un objectif ambitieux en espérant que les femmes représenteront 25 % de l’ensemble des membres des Forces armées d’ici 2026. Il est allé au-devant de la communauté LGBTQ et a adouci les règles entourant le port de la barbe, des queues de cheval et des bottes, de même que l’usage du cannabis.

Pendant ce temps, les Forces armées ont été appelées à réagir à plus d’événements, partout dans le monde, au cours des cinq dernières années.

Le Canada comptait déjà des soldats en Ukraine, à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, lorsque le général Vance est arrivé en fonction en 2015. Les Forces armées canadiennes aidaient aussi les Kurdes dans leurs combats contre l’État islamique en Irak.

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