Jason Kenney se range derrière Erin O’Toole

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, préfère Erin O’Toole à Peter MacKay.
Photo: Amber Bracken La Presse canadienne Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, préfère Erin O’Toole à Peter MacKay.

L’aspirant chef du Parti conservateur Erin O’Toole obtient un appui de taille : le premier ministre albertain, Jason Kenney, se range derrière lui plutôt que le meneur de la course Peter MacKay.

M. Kenney a annoncé son choix « longtemps réfléchi » jeudi, en décrivant Erin O’Toole comme étant un « vrai bleu », un candidat bilingue à ses yeux et un futur chef conservateur qui défendrait les emplois de l’industrie pétrolière de l’ouest.

« Nous avons besoin d’un chef compétent qui a des principes. Un chef qui n’abandonnera pas les principes conservateurs sous la pression des médias ou de la gauche. […] Je sais que nous pouvons compter sur Erin pour être ce chef fort », a fait valoir le vétéran conservateur Jason Kenney, dans un courriel transmis aux membres du parti fédéral.

M. O’Toole se positionnait déjà comme le candidat de la frange plus à droite du mouvement conservateur, en se qualifiant de « vrai bleu » et en accusant en revanche Peter MacKay d’avoir un penchant « libéral ».

L’ancien chef du Parti progressiste-conservateur est vu comme le meneur de la course à la succession d’Andrew Scheer. Il s’est qualifié le premier comme candidat « vérifié » de la course, en fournissant les 300 000 $ et les 3000 signatures exigées pour être candidat il y a déjà quelques semaines. Erin O’Toole a cependant obtenu lui aussi ce statut mercredi.

Jason Kenney a en outre fait valoir aux membres conservateurs qu’Erin O’Toole « respecte chaque composante de notre grande coalition. Tous les conservateurs seront acceptés dans un parti dirigé par Erin », a-t-il plaidé, en semblant parler des conservateurs sociaux et critiquer directement des propos passés de M. MacKay au sujet de leurs valeurs. « Personne ne verra ses convictions personnelles décrites comme des “albatros puants” sous la direction d’Erin O’Toole », a accusé M. Kenney.

Peu après la défaite électorale des conservateurs, Peter MacKay avait déploré qu’Andrew Scheer ait été hanté pendant toute la campagne par ses positions passées contre l’avortement et le mariage pour les couples de même sexe. M. MacKay avait argué que ces deux questions avaient été « un boulet [“a stinking albatross” en anglais] au cou d’Andrew Scheer ».

Jason Kenney a côtoyé les deux candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada, lorsqu’ils siégeaient tous les trois au conseil des ministres des gouvernements de Stephen Harper. Le premier ministre albertain a eu de bons mots pour le travail de M. O’Toole à cette époque, lorsqu’il était ministre des Anciens Combattants — mais il n’a pas dit un seul mot dans son courriel de jeudi sur son ancien collègue Peter MacKay, qui a été ministre de la Justice, de la Défense et des Affaires étrangères.

Un sondage Léger révélait cette semaine que la course suscite peu d’intérêt pour l’instant, alors que 63 % des répondants au coup de sonde mené pour La Presse canadienne n’ont pas répondu à la question de savoir lequel des candidats ferait le meilleur chef. 25 % ont dit préférer Peter MacKay, suivis de seulement 4 % pour Erin O’Toole. Les cinq autres candidats ont récolté entre 1 % et 2 %.

La course à la chefferie conservatrice commence à s’activer, maintenant que les mises en candidature sont terminées. Erin O’Toole présentera la semaine prochaine son programme politique.

Sept candidats sont en lice. Outre M. MacKay et M. O’Toole, il s’agit de la députée Marilyn Gladu, de l’ancien adjoint politique Rudy Husny, de l’homme d’affaires Rick Peterson, et des candidats pro-vie Jim Karahalios, Leslyn Lewis et Derek Sloan, qui est aussi député.

Les conservateurs choisiront leur prochain chef le 27 juin à Toronto. Deux débats des chefs seront organisés d’ici là, le 17 avril à Toronto et le 23 avril à Montréal.