Neuf candidats dans la course à la succession d’Andrew Scheer

Peter Mackay et Erin O’Toole (sur la photo) partent avec une longueur d’avance sur les autres candidats de la course à la direction du Parti conservateur.
Photo: Fred Chartrand / Justien Tang La Presse canadienne Peter Mackay et Erin O’Toole (sur la photo) partent avec une longueur d’avance sur les autres candidats de la course à la direction du Parti conservateur.

Ils seront finalement neuf qui tenteront de succéder à Andrew Scheer à la tête du Parti conservateur. Les mises en candidatures sont maintenant terminées. Mais les aspirants chefs du parti suscitent plus ou moins d’enthousiasme au sein du caucus. Seuls quatre des quinze parlementaires québécois ont appuyé un candidat jusqu’à présent.

La date limite de mises en candidatures du PCC n’a pas créé de surprise jeudi. L’ancien ministre Peter MacKay est toujours le meneur de la course. L’unique autre candidat qui semble en posture de le rivaliser demeure le député Erin O’Toole.

M. MacKay a gagné les seuls appuis de conservateurs québécois jusqu’à présent — les députés Luc Berthold, Bernard Généreux, Jacques Gourde et Pierre Paul-Hus. Les six autres élus et les cinq sénateurs du Québec n’ont pas encore pris position.

Bien que ces derniers connaissent maintenant tous les choix qui s’offrent à eux, ceux consultés par Le Devoir jeudi n’étaient toujours pas certains de savoir derrière lequel d’entre eux se ranger.

Le sénateur Leo Housakos a même admis qu’il était « fort probable » qu’il ne prenne pas position du tout. Faute d’intérêt pour les meneurs de cette course. « Je cherche un candidat qui peut démontrer qu’il est capable de communiquer son message clairement aux Canadiens français, et particulièrement aux Québécois », a-t-il affirmé, en expliquant qu’il n’en a pas encore été persuadé. « C’est possible que je reste neutre […] si je ne suis pas convaincu que j’ai un candidat qui est capable de faire ça. »

Un autre conservateur québécois, qui a préféré se confier sous le couvert de l’anonymat, a relaté qu’au caucus « il n’y a pas tellement d’emballement » à l’égard des aspirants chefs. Cette personne s’inquiète aussi du niveau de français de Peter MacKay, tout comme une seconde source consultée cette semaine.

M. MacKay a reçu jusqu’à présent l’appui de 23 députés et 2 sénateurs conservateurs, tandis qu’Erin O’Toole a obtenu l’appui de quatre députés.

Sept candidats confirmés

Sur les neuf aspirants chefs qui ont soumis leur dossier de candidature au PCC, cinq d’entre eux ont été « autorisés » par le parti après avoir soumis 25 000 $ et 1000 signatures de membres conservateurs.

Il s’agit de la députée ontarienne Marilyn Gladu, de l’homme d’affaires Rick Peterson (qui est arrivé 12e sur 14 candidats en 2017), et des candidats anti-avortement Derek Sloan (député ontarien), Leslyn Lewis (une avocate torontoise) et Jim Karahalios (un avocat et militant contre la taxe carbone fédérale).

Erin O'Toole a franchi une étape de plus, puisqu'il a remis au parti 2000 des 3000 signatures réclamées, un total de 50 000 $ sur les 200 000 $ exigés, de même que le dépôt remboursable de 100 000 $.

Peter MacKay est quant à lui devenu jeudi le premier candidat à avoir rempli toutes les conditions de candidature.

Deux autres candidats ont remis leur dossier de candidature dûment rempli et leur premier versement, mais leur candidature n’est pas encore confirmée, car ils doivent d’abord subir l’entrevue prévue avec le comité organisateur afin de s’assurer qu’ils partagent et respectent les positions politiques du PCC. Il s’agit de l’adjoint politique Rudy Husny (qui a travaillé pour le chef Andrew Scheer et des ministres de Stephen Harper) et l’organisateur québécois Richard Décarie.

M. Décarie a suscité la controverse le mois dernier en affirmant qu’être homosexuel est un « choix ». Certains conservateurs ont réclamé qu’il soit exclu de la course. M. Décarie, qui est pro-vie, propose aussi de réécrire la définition du mariage pour n’inclure que les unions religieuses — et donc exclure les unions de même sexe — et que les transferts fédéraux en santé aux provinces ne puissent plus financer les services d’avortement.

L’homme d’affaires québécois Vincent Guzzo a finalement renoncé à briguer la chefferie.

La course conservatrice sera la course à la chefferie la plus dispendieuse à ce jour. Les aspirants chefs ont jusqu’au 25 mars pour fournir la totalité des 300 000 $ réclamés — dont un dépôt de 100 000 $ remboursable. Lors de la dernière course du parti, en 2017, seuls 9 des 14 candidats ont réussi à amasser plus de 300 000 $. Et ce, au fil d’une lutte qui a duré six mois, alors que la course actuelle ne durera que quatre mois.

Le nombre de candidats pourrait donc diminuer d’ici fin mars. Le parti organisera ensuite deux débats : le premier en anglais à Toronto le 17 avril, et le second à Montréal en français le 23 avril.

Les militants conservateurs connaîtront l’identité de leur nouveau chef le 27 juin prochain, lors d’un congrès à Toronto.