La rencontre entre les chefs wet’suwet’en et les gouvernements est annulée

<p>Le chef Na’moks, aussi connu sous le nom de John Ridsdale, a dit qu’il avait le coeur brisé par cette annulation et que les chefs héréditaires avaient encore la volonté de tenir des discussions.</p>
Photo: Amy Smart La Presse canadienne

Le chef Na’moks, aussi connu sous le nom de John Ridsdale, a dit qu’il avait le coeur brisé par cette annulation et que les chefs héréditaires avaient encore la volonté de tenir des discussions.

Un chef héréditaire de la nation Wet’suwet’en a déclaré que les gouvernements fédéral et provincial avaient annulé des pourparlers prévus pour tenter de dénouer l’impasse sur les barricades à travers le pays.

Le chef Na’moks, aussi connu sous le nom de John Ridsdale, a affirmé tard mercredi que les responsables gouvernementaux avaient demandé aux chefs héréditaires d’appeler tous leurs alliés d’autres nations à « cesser leurs actions ». Il a dit que les chefs ont répondu qu’ils ne pouvaient pas dire comment agir à une autre nation souveraine.

Le chef Na’moks a dit qu’il avait le coeur brisé et que les chefs héréditaires avaient encore la volonté de tenir des discussions.

Le bureau du premier ministre de la Colombie-Britannique a affirmé qu’il était regrettable qu’aucun accord n’ait pu être conclu pour rencontrer les chefs héréditaires Wet’suwet’en. 

Dans un communiqué, le bureau du premier ministre a indiqué qu’il avait eu espoir que les chefs acceptent « une période de paix et de respect pendant les pourparlers, qui comprendrait l’encouragement à leurs partisans de lever les barricades ». 

John Horgan a affirmé que son gouvernement souhaitait toujours une rencontre avec les chefs héréditaires et qu’il continuerait de «dialoguer» avec ceux-ci et le gouvernement fédéral.

Après avoir parlé de « progrès » mercredi matin, la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, avait signalé, mercredi midi, qu’elle attendait sous peu des nouvelles des chefs wet’suwet’en dont l’opposition à un gazoduc en Colombie-Britannique a provoqué cette crise.

« Nous espérons […] qu’il y aura une indication à leurs supporters qu’ils sont confortables avec les progrès faits jusqu’à maintenant », avait déclaré la ministre Bennett en sortant de la réunion du caucus libéral.

Les chefs réclamaient certaines concessions avant de rencontrer des représentants des gouvernements fédéral et de la Colombie-Britannique. Cette éventuelle rencontre est considérée depuis le début, par Justin Trudeau, comme la « clé » pour résoudre la crise.

« Restons calmes. Il y a des avancées qui sont positives », a souligné le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, aux côtés de sa collègue Bennett.

« C’est clair qu’au fur et à mesure que la situation se développe, c’est important pour tout le monde de rester calme et de rester “focussé” sur ce qui arrive en Colombie-Britannique », a-t-il également dit tandis que la situation à Tyendinaga en Ontario, le long de la voie ferrée, devenait plus tendue.

Critiques aux Communes et dans les corridors

Tout au long de la journée, l’opposition conservatrice a multiplié les critiques à l’endroit du gouvernement libéral et de sa gestion de la crise.

À l’entrée de la réunion du caucus conservateur, c’est Gérard Deltell qui s’est montré le plus cinglant.

Les conservateurs ont, depuis le début, réclamé une intervention musclée des forces policières. « Quel manque de leadership odieux. […] C’est un gouvernement d’abandon dirigé par une espèce de pâte molle », a pesté le député Deltell.

À la période des questions où le chef Andrew Scheer a pris le relais des attaques contre le premier ministre, celui-ci s’est défendu en arguant qu’il fallait non seulement une solution « rapide » et « pacifique », mais aussi « durable ».

« C’est très facile pour les partis d’opposition, que ce soit les conservateurs ou le NPD, de proposer des solutions simplistes. Nous, ça fait des semaines, et même des années, qu’on travaille sur des réponses complexes à des problèmes complexes », a aussi répliqué M. Trudeau.

Les coûts de la crise

Même si toutes les barricades disparaissaient dans les prochaines heures, ça prendrait des semaines pour que l’activité économique du pays revienne à la normale, selon le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

« Ça va prendre du temps », a souligné le ministre aux portes des Communes. « Il y a des conséquences qu’on ne verra pas pour plusieurs mois, dues au fait qu’il y a eu des ralentissements, des délais, des mises à pied. Éventuellement, plus tard cette année, quand on aura les statistiques des différentes entreprises et des compagnies de chemin de fer, on aura une meilleure idée », a-t-il expliqué.

« Mais ce que je peux vous dire, c’est que l’effet de ces barricades est très, très sérieux », a-t-il conclu.