Le fédéral dit demeurer ouvert à la discussion avec les chefs autochtones

Les chefs héréditaires de la première nation de Wet’suwet’en ont visité des communautés mohawks de l’est du Canada. Samedi, ils étaient de passage à Kahnawake, au sud de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les chefs héréditaires de la première nation de Wet’suwet’en ont visité des communautés mohawks de l’est du Canada. Samedi, ils étaient de passage à Kahnawake, au sud de Montréal.

Des ministres fédéraux sont montés au front pour rappeler que le gouvernement fédéral demeurait toujours prêt à discuter avec les leaders autochtones pour mettre un terme à la crise qui paralyse la circulation ferroviaire au pays. Mais dimanche, la Police provinciale de l’Ontario (PPO) et le Canadien National (CN) ont averti les Mohawks de Tyendinaga, près de Belleville, qu’ils devaient quitter leur camp avant minuit, sous peine d’accusations.

S’exprimant plus tôt en journée à l’émission The West Block sur les ondes de Global, la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a dit que les négociations n’avaient jamais cessé, malgré l’impatience affichée par le premier ministre Justin Trudeau, vendredi. « Les dialogues sont productifs et toutes les parties progressent bien », a ajouté Mme Bennett.

Cette offensive médiatique du gouvernement fédéral survient au moment où les chefs héréditaires de la première nation de Wet’suwet’en doivent rentrer en Colombie-Britannique après avoir visité des communautés mohawks de l’est du Canada. « Nous sommes déjà au-delà de la frustration, c’est plutôt de la confusion que nous ressentons. » Ces mots sont sortis de la bouche de Woos, un chef héréditaire wet’suwet’en qui était de passage samedi avec quatre de ses homologues à Kahnawake, au sud de Montréal, afin de remercier les Mohawks de cette communauté de les soutenir dans la défense de leurs terres traditionnelles.

Avant d’envisager de lancer un appel à lever les barrages ferroviaires, les visiteurs en provenance de Colombie-Britannique exigent que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) quitte complètement son territoire et que la compagnie Coastal GasLink cesse ses travaux et retire « respectueusement » ses infrastructures.

Les manifestants qui occupent des voies ferroviaires en signe de solidarité avec ces chefs qui s’opposent à un projet de gazoduc passant sur leur territoire ancestral n’ont donné aucun signe qu’ils avaient l’intention d’abandonner leur blocus.

Vendredi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a appelé au démantèlement immédiat des barricades sur les voies ferroviaires. Il a insisté sur le fait que son gouvernement était ouvert au dialogue et toujours engagé dans le processus de réconciliation avec les chefs héréditaires wet’suwet’en. Ces tentatives de négociation sont cependant au point mort.

Mme Bennett a défendu l’idée de maintenir des canaux de communication pour poursuivre les discussions et de retirer la GRC du territoire des Wet’suwet’en. « Ce sont des critères vraiment importants pour nous aider à traverser cette période difficile et à nous engager dans une bonne voie. »

De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a maintenu le cap établi par M. Trudeau. Il a réclamé à son tour le démantèlement des barricades tout en affirmant la volonté du gouvernement de dialoguer. Il a exhorté les chefs héréditaires à revenir và la table de négociation.

Conditions

Les chefs héréditaires se disent prêts à discuter avec les gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada dès que la GRC et Coastal GasLink auront quitté leur territoire ancestral.

Le chef Na’Moks a déclaré dimanche que les pourparlers avec les Mohawks pour le démantèlement de la barricade érigée à Tyendinaga progressaient bien avant le discours de M. Trudeau, qu’il a qualifié d’« antagoniste » et de « mal informé ». « Si le premier ministre n’avait pas prononcé ce discours, les Mohawks auraient tout démantelé, a-t-il déclaré dimanche. Ils étaient prêts, nous étions au téléphone. »

Les cinq chefs héréditaires doivent se réunir lundi dans le nord de la Colombie-Britannique pour planifier les prochaines étapes. Les négociations avec la GRC pourront reprendre jeudi, au plus tôt, a ajouté Na’Moks.

Reprise de service

VIA Rail a annoncé la reprise du service sur toutes ses routes entre les villes de Québec, Montréal et Ottawa dès lundi.

Exo a annoncé que le service sur la ligne exo3 Mont-Saint-Hilaire reprendra dès 5 h 45 lundi matin, selon l’horaire habituel. Le service avait été interrompu en raison de la présence de manifestants sur la voie ferrée à Saint-Lambert.

Par ailleurs, l’exploitant des trains de banlieue de la région montréalaise a indiqué que l’interruption du service sur la ligne exo4 Candiac était maintenue « en raison de la présence de manifestants aux abords de la voie ferrée du Canadien Pacifique ». Les navettes d’autobus étaient maintenues lundi le 24 février.

L’Alberta s’entend avec deux nations autochtones

Edmonton — Le gouvernement de l’Alberta dit avoir conclu des ententes avec deux premières nations du nord de la province concernant le projet minier de sables bitumineux de Teck Resources qui attend toujours le feu vert des autorités fédérales. Les premières nations cries Mikisew et Athabasca Chipewyan avaient auparavant conclu des ententes avec Teck Resources pour le projet Teck Frontier, mais négociaient toujours avec la province sur des questions environnementales et culturelles. Plus tôt ce mois-ci, le ministre des Relations avec les Autochtones de l’Alberta a exprimé sa crainte qu’une querelle publique concernant une demande du chef d’Athabasca Chipewyan, Allan Adam, qui réclamait une part des recettes fiscales du projet, puisse donner au gouvernement fédéral une raison d’imposer son refus. La Presse canadienne