Élections Canada fait le ménage: 297 000 personnes retirées de la liste électorale

L’élection de l’automne 2019 aura par ailleurs été la plus coûteuse de l’histoire du Canada, avec un coût estimé de 504 millions de dollars.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne L’élection de l’automne 2019 aura par ailleurs été la plus coûteuse de l’histoire du Canada, avec un coût estimé de 504 millions de dollars.

Élections Canada a fait le ménage. Le grand ménage. Juste avant le dernier scrutin fédéral, le Directeur général des élections a supprimé de son registre 297 000 personnes qui n’avaient pas la qualité d’électeur mais s’y trouvaient néanmoins listées. Il a aussi ajouté le nom de quelque 41 000 jeunes, permettant d’atteindre un niveau record d’inscription des 18-24 ans.

Un changement récent à la loi permet désormais au Directeur général des élections d’obtenir d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) des données qu’il recoupe avec les siennes afin de débusquer tout non-Canadien n’ayant pas droit de vote. Le Devoir avait rapporté en mai dernier qu’Élections Canada avait identifié 103 000 erreurs potentielles du genre. Après vérification, ce sont 74 000 non-citoyens qui ont été retirés de la liste électorale.

De même, Élections Canada a aussi vérifié pour la première fois 250 000 personnes dont « l’activité administrative » était nulle : elles n’avaient pas rempli de rapport d’impôt ou changé d’adresse depuis de nombreuses années. Résultat : 223 000 d’entre elles ont été rayées de la liste parce que soit elles étaient décédées, soit elles avaient quitté le pays.

« On n’est pas obligé de rendre compte qu’on quitte le pays », rappelle en entrevue le Directeur général des électeurs, Stéphane Perrault. Élections Canada a aussi désormais la capacité de voir une liste consolidée de toutes les personnes ayant voté au scrutin et de la comparer aux données d’IRCC, question de s’assurer que ces personnes avaient bien le droit de voter. Pour l’instant, aucun résultat de cette vérification n’est disponible.

« C’est extrêmement laborieux comme processus », explique M. Perrault, qui ajoute qu’en cas de vote illégal, les cas seront transférés au Commissaire aux élections. « Cela nous donnera une appréciation de l’ampleur réelle du problème. »

Inversement, Élections Canada a rejoint un plus grand nombre de jeunes et a ajouté les nouveaux Canadiens aptes à voter. Au final, la liste électorale canadienne n’a jamais été aussi fiable : selon le rapport publié par Élections Canada et rendu public mardi, 96,4 % des personnes autorisées à voter au Canada sont inscrites sur la liste électorale. Pour les jeunes de 18 à 24 ans, ce taux est de 77 %, mais il s’agit quand même d’une hausse de cinq points de pourcentage par rapport à 2015 et un record historique. Eux exclus, le taux d’inscription des autres électeurs est presque parfait, note, ravi, M. Perrault.

Une élection à un demi-milliard

L’élection de l’automne 2019 aura par ailleurs été la plus coûteuse de l’histoire du Canada, avec un coût estimé de 504 millions de dollars. À titre de comparaison, celle de 2015, qui avait duré 78 jours, avait coûté 443 millions $. Lors d’une séance d’information technique, les représentants d’Élections Canada ont expliqué que la différence découlait en partie d’une hausse de la masse salariale des employés électoraux : le prolongement des heures d’ouverture des bureaux de vote par anticipation a nécessité plus de travailleurs électoraux.

Mais la hausse du coût s’explique surtout par des dépenses importantes effectuées pour mettre à niveau les technologies de l’information, question de parer à d’éventuelles cyberattaques. Celles-ci ne se sont toutefois jamais matérialisées : « Aucune menace sérieuse pour la cybersécurité n’a pesé sur l’infrastructure d’Élections Canada pendant cette élection, en dehors de celles qui pèsent quotidiennement sur tout organisme du gouvernement fédéral », écrit M. Perrault dans son rapport.

Enfin, notons que l’élargissement du régime de contrôle des dépenses électorales des tiers (ou groupes de pression) est ce qui a généré le plus de plaintes du public. Puisque le chef du Parti populaire Maxime Bernier remettait en question les changements climatiques, les activités militantes sur cet enjeu engendrant des déboursés étaient susceptibles d’être soumises à des plafonds de dépenses. Beaucoup avaient interprété cela comme une interdiction de prendre la parole. Élections Canada a reçu 6700 plaintes à ce sujet, soir le tiers (35 %) de toutes les plaintes reçues du public pendant la période électorale et préélectorale de 2019.