John Baird tenté par la course à la direction du parti conservateur

John Baird a été député de la région d’Ottawa, ministre provincial et ministre fédéral.
Photo: Zakaria Abdelfaki Agence France-Presse John Baird a été député de la région d’Ottawa, ministre provincial et ministre fédéral.

L’ex-ministre John Baird songe à se lancer dans la course à la chefferie du Parti conservateur. Plusieurs stratèges doutent que l’ancien politicien quitte sa nouvelle vie pour renouer avec la politique, mais M. Baird fait des appels afin de sonder l’opinion de ses collègues, a appris Le Devoir.

Cet ancien ténor du gouvernement de Stephen Harper a reçu l’appui de nul autre que Jason Kenney vendredi. « Il serait un candidat très intéressant », a dit le premier ministre albertain à la CBC, de passage à Washington. « John est très expérimenté, il est un conservateur de principe, il est bilingue », a ajouté M. Kenney. « Si quelqu’un comme John Baird se lance, je crois que cela aiderait à rendre la course plus dynamique », a-t-il observé, en rapportant que M. Baird « y songe sérieusement », selon lui.

La rumeur de sa potentielle candidature courait depuis deux semaines. Plusieurs conservateurs étaient cependant très sceptiques et doutaient que l’ex-ministre quitte sa lucrative carrière dans le secteur privé pour revenir en politique. Député et ministre ontarien de 1995 à 2005, puis sur la scène fédérale de 2006 à 2015, John Baird oeuvre depuis comme conseiller pour diverses entreprises. « Les gens l’admirent comme ancien ministre. Il siège à plusieurs conseils d’administration, a raconté une source conservatrice. Il a plus à perdre s’il se lance dans une course qu’il n’est pas certain de gagner. »

M. Baird est toutefois bel et bien en « grande consultation », ont révélé des sources du Devoir, et il fait des appels afin de jauger ses appuis s’il décide de répondre positivement aux demandes de conservateurs qui l’exhortent à se lancer. « Les gens trouvent que la course est un peu plate et qu’il manque un autre candidat de premier plan », a rapporté une deuxième source.

John est très expérimenté, il est un conservateur de principe, il est bilingue

Ces partisans de John Baird estiment qu’il pourrait offrir une candidature un peu plus à droite que celle de l’ex-ministre et chef du Parti progressiste-conservateur Peter MacKay. De plus, M. Baird est bilingue — ce que M. MacKay n’est pas. « Beaucoup de conservateurs ne sont pas très enthousiastes des options qui sont devant nous », observe un troisième conservateur, en citant notamment le niveau de français de Peter MacKay, qui n’est, selon lui, « pas acceptable ». « Le bilinguisme de M. MacKay inquiète encore », dit un autre conservateur.

M. Baird prendrait sa décision d’ici quelques jours, selon nos informations. Les aspirants-candidats ont jusqu’au 27 février pour se lancer dans la course, en déposant 25 000 $ au parti et 1000 signatures de membres issus d’au moins 30 circonscriptions et sept provinces. « Il faut qu’il prenne sa décision d’ici le début de la semaine prochaine, parce qu’après il restera juste deux semaines pour finaliser sa candidature », explique l’une de nos sources.

Or, si Jason Kenney est allé vanter publiquement sa candidature potentielle, c’est que John Baird y songe sérieusement, selon un autre conservateur, d’autant plus que le principal intéressé n’a pas nié la nouvelle vendredi.

John Baird avait prévu de présider la campagne à la chefferie de l’ex-ministre Pierre Poilievre, avant que ce dernier ne renonce subitement à se porter candidat. Les deux anciens collègues ont un profil semblable : ex-ministres du gouvernement Harper, Ontariens, bilingues, aux idées conservatrices susceptibles de plaire aux conservateurs de l’Ouest. La « vaste majorité » de l’équipe qui s’était rassemblée autour de Pierre Poilievre serait susceptible de se rallier derrière M. Baird, selon une source.

John Baird a été député de la région d’Ottawa, ministre provincial notamment responsable de l’Énergie et des Affaires francophones, et ministre fédéral, entre autres, de l’Environnement et des Affaires étrangères. Il s’est également fait remarquer pour ses envolées acerbes et partisanes lorsqu’il était leader du gouvernement en chambre pour Stephen Harper.