Des experts préconisent la mise en quarantaine des ressortissants

Sur la photo, des ressortissants français dans un avion qui les ramenait dans leur pays. La France a déjà rapatrié 200 personnes, qu’elle a décidé de placer en quarantaine durant deux semaines dans une station balnéaire du sud du pays. Le Canada, pour sa part, ne sait toujours pas quand il pourra aller chercher ses propres ressortissants et aucune décision n’a été prise sur une éventuelle mise en quarantaine.
Photo: Hector Retamal Agence France-Presse Sur la photo, des ressortissants français dans un avion qui les ramenait dans leur pays. La France a déjà rapatrié 200 personnes, qu’elle a décidé de placer en quarantaine durant deux semaines dans une station balnéaire du sud du pays. Le Canada, pour sa part, ne sait toujours pas quand il pourra aller chercher ses propres ressortissants et aucune décision n’a été prise sur une éventuelle mise en quarantaine.

Le gouvernement canadien promet de rapatrier ses ressortissants coincés dans la région de Wuhan, en Chine, d’ici quelques jours. Par contre, si le fédéral n’a toujours pas précisé si ceux-ci seront mis en quarantaine lors de leur retour au pays, deux experts consultés par Le Devoir estiment qu’il le vaudrait mieux.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a assuré vendredi que les Canadiens coincés à Wuhan, l’épicentre de l’éclosion du coronavirus, pourront revenir à bord du vol nolisé par Ottawa « dans les prochains jours ». « On y va étape par étape », a expliqué le ministre sur les ondes de LCN.

La Chine a accepté, jeudi soir, de voir l’appareil canadien atterrir dans la région qui a été mise en quarantaine. Les autorités canadiennes doivent maintenant localiser les citoyens canadiens qui souhaitent revenir au pays et se coordonner avec les autorités chinoises afin qu’ils puissent se rendre à l’aéroport, la circulation dans la région étant sévèrement contrôlée. La Chine refuserait le départ de Chinois ayant une double citoyenneté ou celle de résidents permanents canadiens, selon CBC.

Le nombre de ressortissants ayant réclamé l’aide d’Ottawa pour revenir au Canada a encore augmenté. Ils étaient 295 à avoir contacté le gouvernement fédéral vendredi, alors qu’en début de semaine, ils n’étaient que 2.

Le gouvernement n’a toutefois pas encore expliqué les modalités de ce rapatriement ni indiqué si les ressortissants canadiens seraient mis en quarantaine lors de leur retour au pays. « On est en train de voir », a affirmé le ministre Champagne. La Chine ne laisse que les ressortissants qui ne présentent pas de symptômes quitter son territoire.

Or, l’expert en maladies infectieuses de l’Université Laval Gary Kobinger estime qu’il serait « adéquat » que tous les ressortissants qui reviennent de la région de Wuhan soient surveillés de près. « Il serait approprié de considérer une quarantaine de deux semaines », a expliqué le Dr Kobinger.

Le virologiste de l’UQAM Benoît Barbeau croit également qu’une mise en quarantaine serait « idéale ». « On devrait, par précaution, minimiser un contact potentiel entre ces gens-là et le reste de la population. »

Les États-Unis ont placé leurs ressortissants rapatriés de Wuhan en quarantaine volontaire dans une base militaire californienne. L’Australie les a carrément isolés sur une île, à 2600 km de son territoire, en plein océan Indien. Le Dr Kobinger estime que le Canada devrait faire de même et isoler ses ressortissants dans un seul endroit sécurisé, plutôt que de les renvoyer chacun chez eux.

« En matière de santé publique, une isolation volontaire à la maison peut être suffisante. Mais si on a 270 personnes à travers le Canada, il est beaucoup plus difficile de les surveiller, de prendre des prélèvements et faire des tests régulièrement. Il vaut bien mieux les centraliser en un seul endroit pendant deux semaines », a observé ce spécialiste.

Le gouvernement canadien a par ailleurs permis à certains de ses employés de son ambassade à Pékin et leurs proches de rentrer au pays à bord de vols commerciaux, « en réaction aux fermetures d’écoles et en raison d’un manque de services médicaux en anglais ».

Un quatrième cas au Canada

En Ontario, les autorités de santé publique ont confirmé un troisième cas d’infection au coronavirus. Une étudiante de London dans la jeune vingtaine, de retour de la région de Wuhan le 23 janvier, a commencé à ressentir des symptômes dès le lendemain. Des tests à l’hôpital ont confirmé qu’elle souffrait du virus, bien que sa charge virale fût « très basse ».

Les autorités ont affirmé qu’elle se portait déjà beaucoup mieux, mais qu’elle resterait en isolement chez elle. Elle s’y était d’ailleurs confinée à son retour de Chine parce que ses parents, à qui elle rendait visite, étaient malades. Elle avait aussi porté un masque pour faire le voyage du retour vers le Canada.

Deux premiers cas d’infection au coronavirus ont été confirmés en Ontario plus tôt cette semaine (un couple de Toronto, qui n’a pas voyagé à bord du même vol que le nouveau cas de London), de même qu’un troisième cas dans la région de Vancouver.

L’homme du couple de Toronto, qui avait été hospitalisé le 23 janvier de retour de la région de Wuhan, est sorti de l’hôpital vendredi. Le centre de santé Sunnybrook a indiqué que la santé de ce quinquagénaire s’était améliorée au cours de la semaine au point où il n’avait plus besoin de soins hospitaliers. Les autorités sanitaires surveilleront son état pendant qu’il se rétablit à la maison, où sa femme est également en isolement.

L’épidémie de pneumonie virale en Chine a fait 45 morts supplémentaires dans la province du Hubei, ont annoncé samedi les autorités sanitaires locales.

Après ce nouveau record quotidien, le total national de l’épidémie du nouveau coronavirus apparue en décembre passe ainsi à 258 morts. L’épidémie a également fait plus de 1347 contaminations supplémentaires au Hubei au cours des dernières 24 heures, portant à plus de 11000 le nombre de personnes contaminées dans tout le pays, la plupart dans la province de Hubei.

La Chine a par ailleurs mis en garde vendredi contre une « panique inutile » au moment où des pays d’Asie et les États-Unis commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance de Chine. À partir de dimanche, les autorités interdiront l’entrée sur le territoire des non-Américains s’étant rendus en Chine dans les 14 derniers jours. Pour les ressortissants américains, une quarantaine allant jusqu’à 14 jours sera imposée à ceux qui se sont rendus dans la province du Hubei dans les deux semaines précédentes.

Avec Hélène Buzzetti et La Presse canadienne


Le bilan s’alourdit

L’épidémie de pneumonie virale en Chine a fait 45 morts supplémentaires dans la province du Hubei, ont annoncé samedi les autorités sanitaires locales.
Après ce nouveau record quotidien, le total national de l’épidémie du nouveau coronavirus apparue en décembre passe ainsi à 259 morts. L’épidémie a continué de s’étendre au Hubei au cours des dernières 24 heures, portant à près de 12000 le nombre de personnes contaminées dans tout le pays, la plupart dans la province de Hubei.
La Chine a par ailleurs mis en garde vendredi contre une « panique inutile » au moment où des pays d’Asie et les États-Unis commencent à fermer leurs frontières aux voyageurs en provenance de Chine. À partir de dimanche, les États-Unis interdiront l’entrée sur le territoire des non-Américains s’étant rendus en Chine dans les 14 derniers jours. Pour les ressortissants américains, une quarantaine  sera imposée à ceux qui se sont rendus dans la province du Hubei dans les deux semaines précédentes.

Agence France-Presse


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