Les partisans de MacKay jugent son français «suffisant»

Après avoir prononcé un discours en français samedi en Nouvelle-Écosse, Peter MacKay est allé à Ottawa dimanche.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Après avoir prononcé un discours en français samedi en Nouvelle-Écosse, Peter MacKay est allé à Ottawa dimanche.

Les conservateurs québécois s’avouent déçus de la qualité du français exhibé par Peter MacKay lors de son lancement de campagne à la chefferie. Mais ils se disent tous néanmoins prêts à donner la chance au coureur.

Tour à tour, les élus du Québec ont fait valoir que M. MacKay s’exprime bien mieux de façon improvisée en privé que ce que laissait présager sa lecture d’un discours samedi en Nouvelle-Écosse. L’aspirant chef a alors prononcé quelques phrases en français, dont certaines étaient difficiles à comprendre. Ses partisans ont laissé entendre que c’était peut-être le résultat de sa nervosité.

« Bien sûr, il reste des améliorations à faire. Je serais fou de dire qu’il est parfaitement bilingue. Mais son français est suffisant pour se lancer dans une course au leadership. […] Je pense qu’on a mis trop l’emphase sur deux petites phrases mal prononcées », a commenté Luc Berthold, qui a confirmé du même coup qu’il appuyait, comme le député Pierre Paul-Hus, la candidature de l’ex-ministre.

L’élu Bernard Généreux s’est aussi rangé dans son camp, en insistant sur le fait que la prononciation de M. MacKay samedi ne traduisait pas pour autant son niveau de maîtrise de la langue.

« Et ce qui va lui permettre d’être capable de s’exprimer en français rapidement, c’est justement ce niveau de compréhension », a-t-il plaidé.

« Hormis la langue, disons que Peter MacKay est un homme d’expérience, un homme qui a toutes les capacités de devenir premier ministre du Canada. »

Le député Richard Martel — qui n’a pas encore choisi le candidat qu’il appuiera — a quant à lui avancé que les aspirants chefs avaient encore le temps de faire des progrès d’ici la prochaine élection générale, même s’ils ne sont pas tout à fait bilingues dès le départ.

« L’important, c’est qu’ils soient capables de s’exprimer en français et, à partir de là, on sait qu’il y a toujours place à amélioration. »

D’autres conservateurs québécois ont toutefois observé que le français du candidat avait été « décevant », voire « désastreux », et qu’il avait connu « un mauvais départ » samedi.

L’un d’entre eux a confié qu’il n’appuierait peut-être aucun candidat si nul d’entre eux ne démontre un niveau de bilinguisme suffisant.

« Je ne veux pas dire qu’il a raté son coup, a pour sa part réagi le lieutenant québécois Alain Rayes. Mais est-ce que ça aurait pu être mieux ? La réponse est oui. Je pense que tout le monde peut faire mieux. »

L’équipe de M. MacKay a affirmé qu’il tenait à s’améliorer et que, pour ce faire, il suivait des cours de français à raison d’une heure ou deux par jour.

Erin O’Toole est lancé

Le député ontarien Erin O’Toole s’est par ailleurs officiellement lancé à son tour dans la course à la succession d’Andrew Scheer par l’entremise d’une vidéo d’une minute quarante-cinq diffusée sur les réseaux sociaux lundi.

Il s’y présente comme « un vrai bleu » qui n’est « pas un politicien de carrière ». Il y promet de défendre les travailleurs de l’automobile, ceux du bois d’oeuvre, les membres des Forces armées et de « défendre nos institutions et notre histoire mises à mal par le politiquement correct et la gauche radicale ».

« Nous avons besoin d’un leader qui va unir notre parti, mettre fin aux divisions et grossir notre mouvement », plaide-t-il.

Les conservateurs québécois estiment que son niveau de français est à peu près équivalent à celui de Peter MacKay.

Avec Hélène Buzzetti