Peter MacKay se lance en faisant un appel à l’unité et aux progressistes

Peter MacKay a été député fédéral de Nouvelle-Écosse de 1997 à 2015. Il a été ministre des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice au sein des gouvernements de Stephen Harper, entre 2006 et 2015.
Photo: Darren Calabrese La Presse canadienne Peter MacKay a été député fédéral de Nouvelle-Écosse de 1997 à 2015. Il a été ministre des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice au sein des gouvernements de Stephen Harper, entre 2006 et 2015.

La course à la chefferie conservatrice s’est enfin mise en branle. Peter MacKay a officiellement lancé sa campagne en Nouvelle-Écosse samedi, en lançant un appel à l’unité de la famille conservatrice, mais en tendant aussi la main aux conservateurs plus progressistes sur les questions sociales. Le député Erin O’Toole a quant à lui annoncé qu’il sautera dans l’arène lundi en Alberta.

Peter MacKay était accompagné de sa jeune famille pour donner le coup d’envoi à cette nouvelle étape de sa carrière politique. Le lieu n’était pas fortuit : c’est là qu’il avait démarré sa campagne à la chefferie du Parti progressiste-conservateur en 2002 et qu’il avait annoncé son départ de la politique fédérale en 2015.

« Je ne peux pas passer mon tour et détourner le regard alors que le sort de notre pays est en jeu, que le gouvernement rend la vie plus difficile pour nos citoyens. Je ne peux pas rester à l’écart et espérer que quelqu’un d’autre fasse le boulot nécessaire », a-t-il plaidé samedi, au fil d’un discours de 25 minutes.

L’aspirant-chef a prononcé quelques passages dans un français laborieux, en lisant chaque fois attentivement son télésouffleur. Il s’est adressé directement aux Québécois. « Je suis ici pour vous parler d’espoir. L’espoir d’élire un gouvernement national qui partage vos valeurs québécoises, qui respecte vos compétences et qui est fier de la place du Québec en tant que nation au sein du Canada. »

D’autres extraits de son discours en français étaient toutefois plus difficiles à comprendre, comme lorsqu’il s’en est pris au gouvernement de Justin Trudeau. « Nous avons un gouvernement qui pensait que plus vous avez du succès et plus grandes sont vos rêves, plus de droits vous retenir et vous limiter par les règlements, la bureaucratie plus lourd et leurs taxes. Le résultate est une plus grande dette à vos enfants et vos petits-enfants. [sic] »

Bien que des conservateurs du Québec aient affirmé ces derniers jours que le français de M. MacKay s’était amélioré, certains se sont montrés déçus suite à ce discours samedi.

Discours rassembleur

Peter MacKay a maintes fois appelé les conservateurs à s’unir, afin de faire grandir leur parti et de pouvoir ainsi battre les libéraux. « Si on ne s’unit pas, il y a un risque pour notre part, mais aussi pour notre pays. […] Nous risquons encore d’autres années de gouvernements libéraux arrogants et déconnectés qui rendent la vie plus difficile pour les gens qu’ils plaident vouloir aider. »

Les thèmes traditionnels du Parti conservateur étaient au menu : réduire la paperasse et la bureaucratie, baisser les impôts, défendre la sécurité et la liberté de parole.

Le candidat a cependant en outre lancé un appel aux immigrants et aux conservateurs homosexuels qui, a-t-il insisté, ont leur place au sein du parti. M. MacKay a martelé que « qui que vous aimiez, où que vous habitiez », « au Canada nous préservons, protégeons et défendons les droits de la personne durement acquis ».

« Sachez qu’il y a des conservateurs naturels dans toutes les sortes de familles, dans toutes les communautés et dans tous les coins du Canada, de toutes les religions, dans tous les lieux de travail », a-t-il insisté. « Ensemble, nous agrandirons cette grande tente bleue. »

Le candidat a en outre argué qu’il croyait « à une meilleure protection de l’environnement », tout en promettant plus tard d’assurer la construction d’oléoducs.

Au tour d’O’Toole

Le député de la région de Toronto, Erin O’Toole, a pour sa part annoncé — au même moment que le lancement de M. MacKay — qu’il lancerait sa propre campagne lundi.

L’aspirant candidat à la succession d’Andrew Scheer a publié une vidéo bien léchée le montrant en train de se préparer pour se rendre au travail au Parlement, bague et manteau aux effigies militaires à l’appui. Cet ancien militaire avait également mis de l’avant son ancienne carrière lorsqu’il a brigué la chefferie et est arrivé troisième en 2017.

Cette fois-ci, certains des élus qui l’avaient appuyé il y a trois ans ont cependant choisi de se ranger derrière Peter MacKay. « MacKay lui enlève tout l’oxygène », résumait une source cette semaine.

M. MacKay s’est mérité jusqu’à présent l’appui de 12 membres du caucus conservateur, dont celui des Québécois Pierre Paul-Hus et Luc Berthold.

M. Berthold serait un bon atout, un « organisateur né » selon une source conservatrice. Tout comme les députés Blaine Calkins, d’Alberta, et Ed Fast, de Colombie-Britannique, selon cette même personne. La famille de Brian Mulroney et ses enfants, la ministre ontarienne Caroline Mulroney et son fils Mark Mulroney, ont eux aussi offert leur appui à l’ancien chef du Parti progressiste-conservateur.

M. MacKay a été introduit, lors de son lancement, par le chef du Parti progressiste-conservateur Tim Houston. L’ancienne première ministre progressiste-conservatrice de Terre-Neuve-et-Labrador Kathy Dunderdale et l’ex-premier ministre progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse John Hamm étaient aussi dans la salle.

Peter MacKay a été député fédéral de Nouvelle-Écosse de 1997 à 2015. Il a été ministre des Affaires étrangères, de la Défense et de la Justice au sein des gouvernements de Stephen Harper, entre 2006 et 2015.