Trop de débats sur le Québec, déplore une élue conservatrice albertaine

La député conservatrice Rempel Garner
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La député conservatrice Rempel Garner

Une députée conservatrice albertaine déplore la trop grande place accordée au Québec et au bilinguisme dans la course à la chefferie de son parti jusqu’à présent. Michelle Rempel Garner songe à se lancer elle-même dans l’arène, afin de défendre sa province.

« J’en ai franchement marre que la trame narrative entretenue dans les médias et en général porte sur : “On doit gagner le Québec et l’Ontario.” Qu’en est-il de ma province ? a-t-elle déclaré. Sérieusement, assez, c’est assez ! Nous sommes sur le point d’avoir un parti séparatiste de l’Ouest. »

Mme Rempel Garner venait de se faire demander par un journaliste si c’était au tour d’un chef de l’est du Canada de diriger le Parti conservateur, puisque Stephen Harper et Andrew Scheer étaient tous deux des Prairies.

« Ce commentaire me met en rogne », a-t-elle répliqué, agacée. « Le débat a tourné [depuis des semaines] autour de la langue française, du Québec et de l’Ontario. C’est mon coin de pays qui représente la base de ce parti. »

La course à la direction du Parti conservateur ne compte pas, pour l’instant, d’aspirant candidat issu des provinces de l’Ouest. L’ex-ministre fédéral néo-écossais Peter MacKay semble être le meneur à l’heure actuelle.

Le député ontarien Erin O’Toole se prépare lui aussi à se porter candidat, tout comme sa collègue ontarienne Marilyn Gladu.

« Le fait qu’on ne compte pas de candidat viable ou notable issu de l’Ouest me préoccupe », a dit Mme Rempel Garner, qui « n’a pas encore décidé » si elle se lancera dans la course.

« Nous avons besoin de quelqu’un qui peut articuler clairement de quelle façon les gens de ma région pourront avoir droit à un fair deal. »

Cette personne devrait-elle être bilingue ? s’est-elle alors fait demander.

« La question la plus importante pour moi, c’est de savoir si le candidat en question envisagera des réformes structurelles au Canada afin de donner sa juste part à l’Ouest canadien », a répondu la députée, dont le père est franco-manitobain.

Les conservateurs québécois réclament tous que le prochain chef du parti soit bilingue et qu’il puisse affronter ses adversaires en français lors d’un débat des chefs.

Peter MacKay lancera officiellement sa campagne en Nouvelle-Écosse samedi. Les élus conservateurs ont nié que tout pointe vers son couronnement, lui qui a déjà reçu l’appui d’une dizaine de membres du caucus de même que de la famille de Brian Mulroney. « Laissons les choses aller. Il est trop tôt actuellement pour parler de couronnement », a dit Gérard Deltell, à l’instar de ses collègues.

Les aspirants chefs ont jusqu’au 27 février pour se porter candidats.