Les Franco-Ontariens obtiennent leur université

Une manifestation de Franco-ontariens en décembre 2018
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Une manifestation de Franco-ontariens en décembre 2018

L’Université de l’Ontario francophone (UOF) verra finalement le jour, le gouvernement de Justin Trudeau et celui de Doug Ford étant parvenus à une entente sur son financement. La hache de guerre est ainsi enterrée et Ottawa crie victoire.

« [Les Franco-Ontariens] n’ont pas peur de se battre pour leurs droits et c’est exactement ce qu’on a dû faire ensemble pour contrer les coupures de Doug Ford il y a un an », a déclaré la ministre responsable des Langues officielles, Mélanie Joly.

L’entente garantit à la nouvelle institution un financement de 126 millions de dollars sur huit ans, débutant dès maintenant. La facture sera divisée à parts égales entre les deux ordres de gouvernement, mais elle ne sera pas répartie uniformément dans le temps.

Ottawa versera sa part au cours des cinq premières années tandis que Queen’s Park commencera à verser la sienne à partir de la cinquième année seulement.

Mme Joly assure qu’il existe une clause au contrat stipulant que, si l’Ontario renie sa parole et ne verse pas les 63 millions promis à compter de 2023-2024, il devra rembourser au gouvernement fédéral ses 63 millions déjà déboursés. La province n’aurait donc rien à gagner.

Photo: Justin Tang La Presse canadienne La ministre responsable des Langues officielles, Mélanie Joly

Par communiqué de presse, le ministre ontarien des Collèges et Universités, Ross Romano, a déclaré que « [son] gouvernement a toujours été déterminé à appuyer l’université, ainsi qu’à favoriser l’accès à l’éducation et à la formation nécessaires pour que les étudiants francophones de l’Ontario puissent mener des carrières enrichissantes et répondre aux demandes du marché du travail ».

Projet menacé par Doug Ford

En réalité, le projet de création d’une première université entièrement francophone avait failli capoter en 2018 lorsque le gouvernement Ford avait retiré son appui au nom de l’assainissement des finances publiques. Il avait du même souffle aboli le commissariat aux services en français, soulevant la colère des quelque 600 000 francophones de la province.

La seule députée conservatrice franco-ontarienne, Amanda Simard, avait fini par claquer la porte. Elle est passée chez les libéraux la semaine dernière.

Ottawa avait allongé une somme de 2 millions de dollars pour assurer la survie de l’UOF, le temps qu’une entente soit conclue avec l’Ontario.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a salué l’entente qui permettra, dit-elle, de procéder aux premières embauches. L’UOF devrait accueillir ses premiers étudiants (environ 300) en septembre 2021. En entrevue, le président de l’AFO, Carol Jolin, a prédit qu’il y aura de la demande pour ce nouvel établissement.

« Je peux très bien imaginer que des gens du Québec voudront aller étudier en français à Toronto pour en même temps apprendre l’anglais dans l’environnement qui est autour, dit M. Jolin. Parce qu’en Ontario, l’anglais on ne l’apprend pas, on l’attrape. »

La ministre Joly s’est prise à rêver que cette université devienne le centre d’un futur « quartier francophone » à Toronto. « C’est une belle aspiration. »