L’adoption de l’ACEUM soumise au bon vouloir de l’opposition

Le premier ministre Trudeau a annoncé que le projet de loi mettant en oeuvre l’ACEUM sera déposé à la Chambre des communes mercredi.
Photo: Mike Sudoma La Presse canadienne Le premier ministre Trudeau a annoncé que le projet de loi mettant en oeuvre l’ACEUM sera déposé à la Chambre des communes mercredi.

Le gouvernement de Justin Trudeau disait attendre que les États-Unis ratifient le nouvel accord de libre-échange avant d’en faire de même, mais maintenant qu’il est en situation minoritaire, c’est l’appui de l’un ou l’autre des partis d’opposition qu’il attendra. Les libéraux fédéraux devront s’allier les conservateurs, les bloquistes ou — moins probablement — les néodémocrates pour espérer faire adopter cette importante entente commerciale.

Le premier ministre Trudeau a annoncé que le projet de loi mettant en oeuvre l’ACEUM (l’ALENA 2.0 négocié avec le président américain, Donald Trump) sera déposé à la Chambre des communes mercredi. Et il s’attend à une « ratification responsable et rapide ».

« Il y a trop d’emplois à travers le pays qui en dépendent, a lancé M. Trudeau à l’endroit des partis d’opposition. Trop de travailleurs qui ont besoin de cet accès aux États-Unis. Trop d’investisseurs et d’entreprises qui comptent sur l’accès au marché américain. »

Jusqu’à présent, le NPD et le Bloc québécois se sont montrés très critiques de cet accord de libre-échange. Au printemps dernier, tous deux avaient voté contre une motion — restée lettre morte — visant son adoption. Le Parti conservateur l’avait appuyée. Il n’est pas pour autant prêt à donner carte blanche au gouvernement.

« Ce n’est pas parce que les deux autres partis d’opposition ont déjà signifié qu’ils n’appuieraient pas l’entente qu’il [le gouvernement] doit tenir pour acquis que les conservateurs vont l’appuyer », a prévenu le député Luc Berthold en entrevue avec Le Devoir.

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, estime toujours que les dispositions touchant l’industrie de l’aluminium (concentrée au Québec) sont moins généreuses que celles touchant l’industrie de l’acier.

« Il y a une iniquité et l’entièreté du poids de cette iniquité pèse sur les épaules du Québec. »

 

Pour cette raison, le Bloc québécois refuse de promettre son appui à l’ACEUM. L’industrie de l’aluminium et le premier ministre québécois François Legault ont tous deux demandé que l’accord soit ratifié.

Le NPD s’est limité à dire qu’il vérifiera si l’accord « est réellement bénéfique » pour le Canada avant de décider de l’appuyer ou non.

Le Canada est le seul pays à ne pas avoir encore ratifié l’ACEUM, qui a été conclu fin 2018. Ottawa avait préféré arrimer son échéancier parlementaire à celui des États-Unis. Washington a ratifié l’accord la semaine dernière. Le Mexique l’avait fait en juin 2019.

Avec Marie Vastel