Jean Charest, candidat «non grata» à la chefferie conservatrice?

L’ancien premier ministre québécois Jean Charest
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ancien premier ministre québécois Jean Charest

Jean Charest pourrait-il être exclu d’emblée de la course à la chefferie conservatrice, en raison de l’enquête Mâchurer ? L’ancien premier ministre québécois devra assurément s’expliquer à ce sujet, comme l’exigent les règles de la course. Mais dans les coulisses conservatrices, on convient que le candidat-vedette risque d’avoir néanmoins l’occasion de tenter sa chance pour prendre la succession d’Andrew Scheer.

Le Parti conservateur a dévoilé samedi 18 pages de règles et de procédures qui encadreront sa course à la chefferie. Dans le lot : les aspirants candidats devront remplir un questionnaire qui leur demandera notamment de préciser s’ils ont un dossier criminel et s’ils ont fait ou font l’objet d’une enquête criminelle.

Or, l’enquête Mâchurer sur le financement du Parti libéral du Québec de l’Unité permanente anticorruption est toujours en cours et elle viserait toujours M. Charest, selon Le Journal de Québec. L’ancien chef du PLQ ne fait toutefois pas l’objet d’accusations.

Bien que la question des antécédents criminels soit posée à tous les aspirants candidats, leurs réponses servent ensuite simplement à informer le comité d’investiture, qui approuve ou non les candidatures. Une réponse par l’affirmative de M. Charest ne l’exclurait donc pas automatiquement de la course, pas plus qu’une réponse par la négative ne l’obligerait ensuite à s’expliquer devant le comité. « Personne n’est automatiquement approuvé ou rejeté. C’est à la discrétion du comité », a expliqué une personne au parti, qui n’était pas autorisée à discuter publiquement de la portée du formulaire. « En contexte de course à la chefferie, le comité déciderait probablement de permettre aux membres de décider ultimement du sort de ce genre de candidats. »

Idem pour l’une des conditions de candidature qui pourrait, elle aussi, exclure Jean Charest : les candidats devront être membres du Parti conservateur depuis au moins six mois. Là encore, le PC prévoit que le comité puisse exempter un aspirant candidat — ce qui s’est d’ailleurs produit à quelques reprises dans le passé, lorsqu’un candidat aux élections générales ne détenait pas de carte de membre en raison d’un oubli de renouvellement ou parce que sa carrière l’en empêchait.

M. Charest n’a pas répondu aux demandes d’entrevue du Devoir depuis une semaine.

Course lancée

Le Parti conservateur avait annoncé samedi que la course commencerait officiellement lundi. Pour y prendre part, les candidats devront débourser 200 000 $, faire un dépôt remboursable de 100 000 $ et récolter 3000 signatures auprès des membres du parti issus d’au moins sept provinces.

M. Charest s’apprêterait à confirmer sa candidature « d’ici une semaine » selon une source, tandis qu’une autre a parlé d’un lancement de campagne « imminent ».

L’ex-chef intérimaire Rona Ambrose s’apprêterait quant à elle à confirmer qu’elle ne briguera pas la succession d’Andrew Scheer.

Le député Gérard Deltell et l’homme d’affaires Vincenzo Guzzo poursuivent leur réflexion. L’attaché politique québécois Rodolphe Husny annoncera sous peu qu’il sera de la partie. Tous s’attendent à ce que le député ontarien Pierre Poilievre se porte aussi candidat. Son collègue Erin O’Toole et l’ex-ministre Peter MacKay n’ont pas caché qu’ils étaient en réflexion.

L’homme d’affaires Bryan Brulotte et la députée ontarienne Marilyn Gladu sont les seuls qui ont annoncé officiellement leur candidature.