Le bilan des victimes canadiennes revu à la baisse

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne

Le nombre de victimes canadiennes de l’écrasement du transporteur Ukrainian Airlines mercredi dernier à Téhéran a été révisé à la baisse, à 57, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, vendredi soir, à Ottawa.

M. Champagne a expliqué lors d’une conférence de presse visant à faire le point sur l’enquête que le nombre de victimes canadiennes est passé de 63 à 57 en raison des « plus récentes informations reçues » par le Canada.

Les autorités ont, a-t-il dit, reçu de nouvelles informations relatives aux dates de naissance et comparé celles-ci aux documents de voyage qu’avaient en leur possession les voyageurs au moment de l’embarquement.

Le ministre Champagne a confirmé que l’Iran a accordé deux visas au Canada jusqu’à présent. « Nous espérons que les autres visas seront accordés rapidement afin de pouvoir offrir des services consulaires, aider à l’identification des victimes et évidemment participer à l’enquête », a-t-il déclaré.

Une équipe de dix représentants canadiens d’Affaires mondiales Canada et de deux employés du Bureau de la sécurité des transports est présentement à Ankara, en Turquie.

Le Canada s’attend à recevoir une douzaine de visas de l’Iran au total, un geste rendu nécessaire par la rupture des liens diplomatiques entre les deux pays depuis 2012.

M. Champagne a affirmé avoir senti « de l’ouverture » lors d’un appel avec le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, ce qui lui « donne espoir » que les dix autres visas seront émis. « Chaque heure compte », a-t-il ajouté.

« Le monde regarde »

Qualifiant la situation de « tragédie nationale », M. Champagne a réclamé à de nombreuses reprises que l’Iran autorise le Canada à prendre part à l’enquête. Pour le moment, « les discussions se poursuivent avec les autorités iraniennes ».

M. Champagne a réitéré la demande du gouvernement canadien d’une enquête « complète et approfondie » afin que « toute la lumière soit faite dans ce dossier dans un esprit de transparence et de justice ».

Vendredi, l’Iran a démenti l’allégation du Canada, de la Grande-Bretagne et des États-Unis voulant que l’écrasement de l’avion ait été causé par un missile iranien.

L’Iran approche-t-il cette enquête de bonne foi en écartant cette possibilité ? « Le temps nous le dira et le monde regarde », a répondu M. Champagne, tout en refusant plus tard de dire s’il fait confiance aux autorités iraniennes.

« C’est à l’Iran maintenant de démontrer si elle entend coopérer dans cette enquête-là et de faire toute la lumière sur les causes. Le monde est en train de regarder. Le monde a besoin de réponses à ces questions-là. »

Dans le but de parler d’une seule voix, le Canada a rassemblé au sein du Groupe international de coordination et d’intervention pour les victimes du vol 752 les pays dont des ressortissants figurent par les victimes.

Désescalade des tensions

M. Champagne s’est entretenu plus tôt en journée avec son homologue américain, Mike Pompeo.

Les deux hommes ont discuté des renseignements voulant que l’avion ait été abattu par un missile iranien, peut-être involontairement. M. Pompeo a également offert toute l’assistance du gouvernement américain dans l’enquête en cours.

M. Champagne a pour sa part souligné « la nécessité d’une désescalade des tensions et a réitéré l’engagement du Canada envers la paix, la stabilité et la prospérité pour le peuple irakien ».

Cette conversation est survenue alors que le gouvernement américain vient d’imposer de nouvelles sanctions économiques à l’Iran et que le ton monte entre les États-Unis et l’Irak au sujet du retrait des troupes américaines.

Les Canadiens ne doivent pas voyager dans la région, avertit le gouvernement canadien.

Transports Canada a publié un avis aux exploitants aériens canadiens leur conseillant de « ne pas pénétrer dans l’espace aérien de l’Irak et de l’Iran en raison du risque potentiel d’une activité militaire accrue dans la région ».

Affaires mondiales, de son côté, a avisé les Canadiens en début de semaine d’éviter tout voyage non essentiel en Iran et tout voyage en Irak.

En fin d’après-midi, le bureau de Justin Trudeau a annoncé que le premier ministre s’est entretenu avec le président ukrainien des développements liés à l’écrasement de l’avion d’Ukraine International Airlines.

Les deux hommes auraient convenu de la nécessité de tenir « une enquête complète et crédible » au sujet de l’écrasement afin d’obtenir « un portrait complet » des événements dans l’objectif de fournir des réponses à ceux qui ont perdu des proches.

Ils auraient également discuté du « soutien constant du Canada à l’égard de l’enquête ».