Vincent Guzzo appuie l’enregistrement des armes à feu

L’homme d’affaires et de cinéma Vincent Guzzo
Photo: Radio-Canada L’homme d’affaires et de cinéma Vincent Guzzo

L’homme d’affaires et de cinéma Vincent Guzzo n’a pas encore décidé s’il se lancera ou pas dans la course à la chefferie du Parti conservateur. Mais chose certaine, s’il se jette à l’eau, il fera grincer des dents bien des militants, car il entend défendre farouchement le principe de l’enregistrement des armes à feu.

M. Guzzo, qui dirige la chaîne de cinémas Guzzo, indique être un adepte du tir au pigeon d’argile et posséder à cette fin quelques armes à feu. Pourtant, il n’est pas question pour lui de boycotter le nouveau registre instauré par Québec.

L’homme de 50 ans assure avoir rempli les formulaires exigés par l’État, mais faire partie des milliers de propriétaires d’armes dont le dossier est pris dans le goulot d’étranglement administratif.

« Que la police ou les autorités gouvernementales soient au courant de qui a quoi comme armes à feu, il y a une logique que je peux comprendre. On enregistre nos autos, on enregistre nos enfants pour la carte-soleil, alors pourquoi on n’enregistrerait pas nos armes à feu ? » demande M. Guzzo dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.

« J’invite les gens qui s’opposent à l’enregistrement à me contacter et à m’expliquer [leur refus] sans m’insulter, sans prôner des théories de la conspiration qu’il y a des Martiens qui vont venir faire je ne sais trop quoi avec nos armes à feu et sans utiliser l’argument imbécile et négatif consistant à dire que les criminels ne seront pas obligés, eux, de les enregistrer. Ouin, pis ? Ça change quoi ? C’est comme dire que, parce que les immigrants illégaux au pays ne sont pas enregistrés, on ne devrait pas s’enregistrer à une liste électorale ou à un service de paye. »

Le Parti conservateur est farouchement opposé à l’enregistrement des armes d’épaule. C’est d’ailleurs le gouvernement de Stephen Harper qui a aboli le registre fédéral, geste qui a poussé le Québec à instaurer le sien. Cette position de M. Guzzo ne risque-t-elle pas de nuire à ses chances de succéder à Andrew Scheer ? « Si ça me nuit, au moins j’aurai eu le plaisir de dire plus tard que j’ai été honnête et que je n’ai pas regardé des sondages me disant de faire la marionnette et de dire ceci ou cela pour gagner », répond-il.

M. Guzzo sera davantage au diapason du parti sur la question environnementale. Il s’oppose à la taxe sur le carbone. Il estime que c’est en favorisant les produits recyclés qu’on combattra les changements climatiques.

Vincent Guzzo se dit par ailleurs pro-choix. « J’interdirais qu’on essaie d’imposer un changement à cette loi. » S’il accepte qu’un chef conservateur soit pro-vie — il avait appuyé Andrew Scheer à la précédente course —, il déplore que ce dernier n’ait pas été capable d’assumer sa position en campagne électorale.

En coulisses, deux sources conservatrices du Québec ont indiqué au Devoir que la candidature éventuelle de Vincent Guzzo n’était pas sérieuse, présentant ce dernier comme « le Kevin O’Leary de la dernière course ».

Comme M. O’Leary auparavant, M. Guzzo est un dragon de l’émission Dragons’ Den. Les deux hommes d’affaires ont en commun un franc-parler et une certaine flamboyance. M. O’Leary avait jeté l’éponge avant la fin de la course conservatrice de 2017. Il avait terminé en 11e place, avec 1 % des voix.

M. Guzzo attribue cette critique à l’establishment du parti. Establishment, dit-il, qui a « été incapable » de remporter l’élection face à « un premier ministre presque K.-O. ».

« Pour un outsider, j’en fais, de la bonne publicité, pour le Parti conservateur. J’apprécierais les mercis de leur part, sans les dénigrements. »

Avec Marie Vastel