SNC-Lavalin: une fin heureuse, selon Trudeau

Justin Trudeau a défendu à nouveau sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin — en admettant qu’il aurait pu faire certaines choses différemment.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Justin Trudeau a défendu à nouveau sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin — en admettant qu’il aurait pu faire certaines choses différemment.

La classe politique s’est montrée généralement satisfaite de la décision de SNC-Lavalin de plaider coupable à une accusation de fraude, mardi. Certains, dont l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, estiment que l’issue prouve que le système judiciaire fonctionne bien quand son indépendance est respectée.

Estimant le dénouement « positif », le premier ministre, Justin Trudeau, en a profité pour défendre à nouveau sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin — en admettant qu’il aurait pu faire certaines choses différemment.

« On n’obtient pas de reprises en politique, a-t-il observé. On peut juste faire du mieux qu’on peut pour protéger les emplois, pour respecter l’indépendance du processus judiciaire, et c’est exactement ce qu’on a fait à chaque étape. »

L’annonce de mardi montre-t-elle que Mme Wilson-Raybould avait raison de refuser d’imposer un accord de poursuite suspendue ?

« Je pense que ce n’est pas une question d’avoir raison ou non, a répondu M. Trudeau. C’est une question d’arriver à quelque chose qui a de l’allure du côté du procureur et du côté de la compagnie. On est arrivés à quelque chose qui a l’air d’être positif. »

Mme Wilson-Raybould a aussi accueilli positivement l’annonce de mardi. La firme d’ingénierie doit maintenant « se tourner vers l’avenir », selon elle.

« Je crois depuis longtemps qu’il est essentiel que notre système judiciaire fonctionne comme il se doit — sur la base de la primauté du droit et du respect de l’indépendance des procureurs, et sans ingérence ni pression politique. En fin de compte, ce système a pu faire son travail », a écrit la députée indépendante sur Twitter.

L’actuel ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti, a jugé que les « Canadiens peuvent avoir confiance dans notre système judiciaire. Celui-ci fonctionne comme il se doit ».

Chez les conservateurs, on tire une conclusion plus sombre. Selon le porte-parole en matière de Justice, Rob Moore, la reconnaissance de culpabilité de SNC-Lavalin est une preuve supplémentaire que le premier ministre Trudeau « ne voulait qu’aider ses riches amis à ne pas devoir payer des amendes de centaines de millions de dollars pour corruption et fraude ».

À Québec, le premier ministre, François Legault, a jugé que l’annonce de mardi était « une bonne nouvelle », car l’admission de culpabilité partielle devrait permettre de protéger au maximum les emplois.

Les employés ne devaient pas être pénalisés pour les agissements de « quelques personnes chez SNC-Lavalin qui ont fait des affaires pas correctes », selon lui.