Au Conseil de la fédération, Legault a plaidé l'unité

Alors que le Québec a souvent été perçu comme l’empêcheur de tourner en rond, cette fois, François Legault veut jouer le rôle de rassembleur.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Alors que le Québec a souvent été perçu comme l’empêcheur de tourner en rond, cette fois, François Legault veut jouer le rôle de rassembleur.

Le premier ministre François Legault a passé un autre grand test du fédéralisme canadien lundi : il a pris part à une réunion avec ses homologues des autres provinces en plaidant l’unité.

Finie l’époque où le Québec claquait la porte ou jouait le trouble-fête. M. Legault avait ouvert son jeu bien à l’avance : il voulait obtenir un front commun sur seulement quelques enjeux, pour faire pression sur le gouvernement fédéral, et il a réussi en grande partie.

Même sur l’enjeu du financement du secteur de la santé, tous les premiers ministres ont convenu d’exiger d’Ottawa une hausse annuelle de 5,2 pour cent de l’enveloppe versée aux provinces.

Toutefois, M. Legault n’a pu obtenir l’adhésion de tous pour réclamer du fédéral une augmentation de l’immigration économique.

Tous les premiers ministres ont parlé d’unité nationale dans cette réunion d’urgence convoquée par le premier ministre ontarien Doug Ford, à la suite du résultat « diviseur » des dernières élections fédérales.

« Nous avons parlé d’unité nationale, tous et chacun d’entre nous, et c’était une rencontre extraordinaire », a assuré le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, lors de la conférence de presse finale au terme du sommet.

Mieux encore, le président de ce sommet, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a dit que chacun, à titre de « Canadien d’abord », avait « regardé au-delà de ses intérêts régionaux ».

« Nous envoyons le message dans le monde que le Canada est uni », n’a cessé de répéter l’hôte de la rencontre, Doug Ford.

François Legault, qui se dit résolument nationaliste et qui plaide en toute occasion « le Québec d’abord », est resté plutôt discret dans cette conférence de presse.

Toutefois, dans la seule allocution en français, il a fait part de sa « satisfaction » puisque ses collègues et lui ont réussi à s’entendre sur quatre priorités.

Il a même tendu un rameau d’olivier aux provinces exigeant notamment des changements à la formule du programme fédéral de péréquation — une formule qui bénéficie au Québec et à certaines autres provinces, mais qui mécontente celles qui contribuent, comme l’Alberta.

Le Québec veut garder le programme de péréquation tel qu’il est, mais appuie ces autres provinces dans les changements qu’elles demandent à un autre programme qui les désavantage, soit le Programme de stabilisation fiscale. Elles exigent que ce programme soit mieux adapté aux ralentissements de l’activité économique dans les secteurs des ressources naturelles.

En mêlée de presse après le sommet, le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, n’a pas caché sa satisfaction.

« Nous ne sommes pas seuls », a-t-il aussi affirmé en conférence de presse, en continuant de réclamer une péréquation « plus juste », à discuter dans une « conversation plus large ».

Au bout du compte, les premiers ministres ont convenu de quatre priorités énoncées dans un communiqué officiel : la compétitivité économique, le programme de stabilisation fiscale, les soins de santé et infrastructures, et enfin, les priorités nordiques.

Ils ont convié le premier ministre Justin Trudeau à une rencontre au début de l’année prochaine pour en discuter.