Rencontre des premiers ministres: les provinces devront trouver un terrain d’entente

La dernière recnontre des premiers ministres provinciaux a eu lieu en juillet dernier (sur la photo).
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne La dernière recnontre des premiers ministres provinciaux a eu lieu en juillet dernier (sur la photo).

Convoqués à une « rencontre d’urgence » par leur collègue de l’Ontario, Doug Ford, lundi, les premiers ministres des provinces auront fort à faire pour afficher leur unité et exaucer le voeu de François Legault d’en arriver à un front commun.

Les priorités et les enjeux des différentes provinces sont nombreux à ce sommet qui se tiendra dans un hôtel de Mississauga, en banlieue de Toronto, en plus de la laïcité du Québec qui met le feu aux poudres ailleurs au pays.

La dernière campagne électorale fédérale a fait ressortir des clivages entre l’est et l’ouest du Canada, sur des enjeux tels que la lutte aux changements climatiques, l’exploitation pétrolière et la péréquation.

En trame de fond, la colère de l’Alberta et de son premier ministre, Jason Kenney, qui veulent des pipelines pour exporter davantage de pétrole et qui souhaitent contribuer moins à la péréquation.

En conférence de presse dimanche après-midi à Mississauga, M. Ford a dit qu’il fallait envoyer un message au monde : « Nous avons des désaccords, mais nous sommes un pays uni. »

À ses côtés, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, qui préside le Conseil de la fédération — l’organisme qui chapeaute la rencontre — a reconnu que des « divisions » avaient marqué la dernière campagne fédérale.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, a mis de la pression sur ses collègues.

« Si nous sortons de cette rencontre (de lundi) sans avoir quelque chose qui reflète l’état d’esprit des Canadiens, je pense que les gens vont être déçus, avec raison », a-t-il déclaré, dimanche soir, en mêlée de presse avant un souper officieux de tous les premiers ministres dans un restaurant d’Etobicoke.

Quand un journaliste lui a demandé s’ils allaient être unis, il a répondu : « Nous le serons. »

M. Legault lui-même avait évoqué la semaine dernière sa volonté d’en arriver à un front commun pour faire plier le gouvernement fédéral de Justin Trudeau.

Il veut notamment qu’Ottawa assouplisse les conditions d’attribution de son financement en matière de transport en commun ainsi que dans le domaine de la santé. Il soutient notamment avoir des alliés en M. Ford et M. Kenney.

Oui, M. Ford est un allié, notamment sur le développement économique. Et lui aussi veut davantage d’immigration économique et entend soutenir M. Legault, avec qui il s’entend « extrêmement bien » selon ses mots.

La santé est un autre enjeu majeur qui pourrait faire consensus, selon M. Ford. Son homologue du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, qui l’accompagnait, a évoqué une « crise des soins de santé », en parlant notamment de l’enjeu de la santé mentale et des problèmes d’opioïdes.

L’engagement du gouvernement libéral fédéral de mettre sur pied un régime d’assurance-médicament, à l’instar de celui qui existe au Québec, ne semble pas faire l’unanimité toutefois chez les provinces.

De même, la priorité fédérale d’imposer la taxation des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les provinces qui n’ont aucun mécanisme de plafonnement des émissions actuellement, irrite au plus haut point plusieurs premiers ministres conservateurs.

Ainsi, Doug Ford, Blaine Higgs et Scott Moe ont répété ensemble dimanche qu’ils s’opposaient à une « taxe carbone » en plaidant qu’il est possible de réduire les émissions sans imposer une nouvelle charge fiscale.

Enfin, il y a la fameuse loi sur la laïcité de l’État adoptée par le gouvernement Legault, mais qui suscite la colère partout au pays : des gouvernements, Assemblées législatives et municipalités l’ont dénoncée au cours des derniers mois.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a même fait paraître une publicité dans des journaux du Québec pour inciter les personnes qui se sentent lésées à déménager dans sa province.

Toutefois, les premiers ministres ont dit qu’ils allaient plutôt parler de ce qui les rassemble. « Il faut du courage » pour réduire les écarts entre les participants, avait conclu Dwight Ball à propos de la rencontre de lundi.