Malgré les nombreux appels à son départ, Andrew Scheer s’accroche

Le chef conservateur se présentait devant la presse jeudi matin pour annoncer une nouvelle leader adjointe et le maintien des mêmes députés dans les rôles de leader parlementaire et de whip.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef conservateur se présentait devant la presse jeudi matin pour annoncer une nouvelle leader adjointe et le maintien des mêmes députés dans les rôles de leader parlementaire et de whip.

Andrew Scheer fait la sourde oreille aux nombreux appels à son départ.

Depuis sa défaite du 21 octobre, ex-candidats, sénateurs et militants connus du Parti conservateur du Canada (PCC) ont multiplié les sorties publiques contre lui.

La dernière en date : la mise sur pied d’une campagne officielle réclamant une course au leadership, avec site Web et autres manifestations bruyantes annoncées sur la toile.

« C'est un point de rencontre pour les gens qui veulent voir du changement et un renouveau au parti et ne veulent pas passer par un vote de confiance dans le leadership dont le résultat est si clair et évident », explique Kory Teneycke, stratège conservateur à l’origine de l’initiative.

 

 

Celui qui a été directeur des communications de Stephen Harper et organisateur de la campagne électorale du premier ministre ontarien Doug Ford estime à « plus de 80 pour cent » le nombre de militants qui veulent un changement de leadership.

« C’est impossible d’imaginer qu’Andrew va survivre au vote de confiance », a-t-il prédit en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, tard mercredi soir.

Le principal intéressé, lui, ne semble pas ébranlé par tout ça.

Jeudi matin, il se présentait devant la presse pour annoncer une nouvelle leader adjointe et le maintien des mêmes députés dans les rôles de leader parlementaire et de whip.

C’est une transfuge libérale du dernier Parlement, Leona Alleslev, qui chaussera dorénavant les souliers de Lisa Raitt comme adjointe au chef. Mme Raitt a perdu son siège le 21 octobre. M. Scheer estime que Mme Alleslev représente l’électeur que son parti cherche à attirer : un Ontarien qui a déjà été un libéral.

« Je vais avoir besoin d’elle […] pour aider à renforcer notre parti en Ontario », a-t-il dit, sous le regard enchanté de la députée Alleslev.

M. Scheer maintient Alain Rayes à son poste de lieutenant québécois.

« J’ai 100 % confiance en M. Rayes », a assuré M. Scheer, affirmant que quelles que soient les conclusions de l’examen confié à l’ancien ministre conservateur John Baird, le lieutenant québécois restera en poste.

« Alain a travaillé très, très fort et a trouvé des candidats extraordinaires », a argué M. Scheer. Aucun de ces candidats « extraordinaires » n’a gagné aux élections du 21 octobre dernier. L’équipe conservatrice a même perdu deux des 12 députés québécois sortants.

Et depuis, plusieurs des candidats québécois défaits se sont manifestés dans les médias pour réclamer la tête du chef.

M. Scheer répète que son sort sera décidé par les militants, au congrès d’avril, et pas avant. Il dit pouvoir compter sur l’appui de son caucus. Il décide donc d’ignorer le reste, jusqu’au printemps.

« C’est pas le temps pour les chicanes internes politiques. […] Le mouvement conservateur, le Parti conservateur, doit rester concentré sur la tâche. La cible, c’est Justin Trudeau », a-t-il plaidé.

Quel pourcentage d’appuis au vote d’avril serait suffisant ? « Je vais demander aux membres un mandat clair pour continuer », a-t-il répondu, refusant de mettre un chiffre sur le niveau de clarté.

Les adversaires politiques mettent leur grain de sel

« Tout le monde admet maintenant que Scheer est un chef faible avec des convictions et des politiques faibles ? », a ironisé Maxime Bernier sur Twitter, jeudi après-midi. M. Bernier a quitté le Parti conservateur pour fonder son propre Parti populaire, après avoir perdu la course à la chefferie du PCC aux mains de M. Scheer. Il n’a fait élire aucun député le mois dernier.

Le chef néodémocrate Jagmeet Singh, qui a fait élire presque 100 députés de moins qu’Andrew Scheer, ne s’inquiète « pas du tout » pour le vote de confiance auquel il devra se prêter lui aussi.

« C’est difficile de [dire] pourquoi les conservateurs fonctionnent comme ils fonctionnent », a-t-il offert, un sourire dans la voix, alors qu’il se tenait derrière le même micro qu’utilisait M. Scheer une heure plus tôt, dans le foyer de la Chambre des communes.