Les conservateurs ne remettent pas en doute le leadership d’Andrew Scheer pour l’instant

Au lendemain de l’élection, M. Scheer a dit n’avoir aucune intention de démissionner.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Au lendemain de l’élection, M. Scheer a dit n’avoir aucune intention de démissionner.

Les députés conservateurs ont voté contre la mise en vigueur de règles qui leur auraient donné le pouvoir de se débarrasser de leur chef Andrew Scheer à l’issue d’un vote au caucus, a appris La Presse canadienne.

Cela signifie que la question du leadership de M. Scheer sera désormais entre les mains des membres du parti, qui se réuniront en avril pour leur congrès bisannuel.

Les députés et les sénateurs conservateurs étaient réunis au mercredi pour discuter de la campagne électorale.

Cet exercice, tenu mercredi après-midi dans un édifice parlementaire, est le premier depuis le vote du 21 octobre.

À l’ordre du jour se trouvait la possibilité d’adopter une règle qui aurait permis à 20 % du groupe de déclencher une révision de la chefferie.

À l’entrée de la réunion, très peu de conservateurs exprimaient un appétit pour montrer tout de suite la porte à Andrew Scheer.

Tous ceux qui ont voulu répondre aux questions des journalistes disaient que c’est au chef de décider de son avenir et, s’il choisit de rester, ce serait aux membres, en congrès en avril prochain, de lui exprimer leur confiance ou pas.

Au lendemain de l’élection, M. Scheer a dit n’avoir aucune intention de démissionner, vantant son résultat : 121 députés et 34,4 % du vote.

Mercredi, il a choisi de prendre une porte arrière pour se joindre à la réunion, évitant ainsi micros et caméras.

« C’est les membres au Parti conservateur qui élisent un chef et c’est aux membres à décider de la suite des choses », de l’avis de Pierre Paul-Hus, un des 10 élus du Québec.

M. Paul-Hus ne voulait donc pas adopter les règles qui donneraient le pouvoir aux députés de se débarrasser de leur chef à l’issue d’un vote au caucus.

Aucun de ses collègues n’a dit publiquement qu’il voudrait que ces règles, contenues dans une loi rédigée par le député conservateur Michael Chong et mises à la disposition de tous les groupes parlementaires, soient adoptées.

Plusieurs ont exprimé haut et fort leur appui à M. Scheer.

« Moi je suis derrière le chef, je suis loyal au chef. […] Je suis content de mon mandat à Beauport-Limoilou et puis je vais continuer à servir le Parti conservateur du Canada », a déclaré Alupa Clarke, à l’entrée du caucus. « Gloire à la nation ! », a-t-il ajouté avant de s’éloigner rapidement.

Ils étaient cependant quelques-uns à exprimer leur frustration et leur colère devant les résultats électoraux.

« Je suis en ta… », a résumé le sénateur québécois Claude Carignan.

« On était d’accord avec toutes les attentes du Québec. Pourquoi on n’en a pas parlé ? Moi, c’est ça qui me déçoit de la campagne », a offert son collègue au Sénat Pierre-Hugues Boisvenu.

Le sénateur Boisvenu, qui a prêté main-forte à sa conjointe Isabelle Lapointe, candidate défaite dans La Prairie, s’en est pris à « l’entourage » de M. Scheer qui, selon lui, n’était pas à l’écoute des campagnes locales au Québec.

Le député Paul-Hus est beaucoup plus tendre à l’égard de la campagne de M. Scheer.

« Le NPD a perdu la moitié de son caucus et M. (Jagmeet) Singh saute dans les airs, il est tout de bonne humeur le soir des élections. Nous, de notre côté, on a fait des gains puis on devrait se taper dessus. À un moment donné, il faut relativiser les choses », a-t-il dit, notant cependant les mauvais résultats au Québec.

Les conservateurs ont fait élire deux députés de moins qu’en 2015 dans la province, alors qu’ils s’attendaient à faire des gains au Québec.